Nicolas Sarkozy, supprimait des postes chez les forces de l'ordre, mais continuait d'augmenter les dépenses de police et de gendarmerie. C'est la Cour des comptes qui l'indique, dans un rapport consacré aux rémunérations des forces de l'ordre publié le 18 mars. Les dépenses consacrées à ces rémunérations ont continué d'augmenter sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, malgré la suppression de plus de 7.000 emplois du fait du non-remplacement d'un départ sur deux. En cause, les primes versées aux policiers et gendarmes dont l'impact annuel cumulé était estimé à 460 millions d'euros en 2011.

«Les magistrats démontrent comment l'ex-premier flic de France a réussi l'exploit de supprimer des postes de fonctionnaires ( 7.236 équivalents temps plein entre 2005 et 2011) tout en aggravant le déficit des comptes de la nation», indique Le Canard Enchaîné, mercredi 20 mars.

Une évolution paradoxale qui s'explique par l'importance des «mesures catégorielles» prises pour améliorer les déroulements de carrière et les rémunérations chez les policiers et gendarmes. Dans la police tout d'abord, «à partir de 2004, la réforme des « corps et carrières » a fortement modifié la structure des effectifs (...)Dans la gendarmerie, à compter de 2005, le plan d'adaptation des grades aux responsabilités exercées (PAGRE) a également fait évoluer la structure des effectifs en augmentant d'un tiers le nombre des officiers et en diminuant, en contrepartie, celui des sous-officiers», précise la Cour des comptes.

Résultat : «le coût annuel de ces mesures a été largement supérieur aux économies résultant des réductions d'effectifs», explique les magistrats de la rue Cambon. Une politique «globalement favorable» qui s'accompagne par une mauvaise gestion des dépenses. L'octroi de ces primes a notamment conduit «plusieurs fois depuis 2009, au dépassements des crédits de la loi de finances initiale», fait savoir la Cour des comptes. Conséquence: «pour payer ces 240.000 fonctionnaires, les ministres de l'Intérieur n'ont pas hésité à piquer dans les réserves, obtenant le déblocage de la réserve de précaution», précise Le Canard Enchaîné.

Aujourd'hui, la Cour des comptes considère qu'une «pause salariale devrait s'imposer» chez les forces de l'ordre.