
Mais, surtout, le Guardian révèle la collaboration active du Royaume-Uni à cette "disposition Matrix" : Londres "déléguerait" la "neutralisation" des terroristes britanniques aux Etats-Unis. Plus précisément, des terroristes ayant une double nationalité.
Le Guardian cite ainsi l'exemple de quatre islamistes présumés, dont deux ont été tués par des attaques de drones américains en Somalie et deux autres incarcérés. Le Britanno-Libanais Bilal Berjawi, le Britanno-Egyptien Mohamed Saker, le Britanno-Somalien Mahdi Hashi et un mystérieux homme surnommé "B2" se sont vu tous les quatre retirer leurs nationalités britanniques avant d'être la cible des Etats-Unis. Ces derniers n'hésitent pas à intervenir partout dans le monde contre des cibles désignées comme "dangereuses".
La procédure permet ainsi à Londres de se "défausser" d'un problème avec un de ses concitoyens surveillés par le MI5 ou le MI6, ses services de renseignements. "Ils doivent se dire : si ça doit être un casse-tête pour quelqu'un, laissons les Américains se casser la tête", explique au Guardian Paul Pillar, ancien agent de la CIA pendant vingt-huit ans. "C'est ce que font aussi les Etats-Unis. Ils abandonnent les cas trop difficiles et laissent un autre s'en occuper. Ils laisseraient les Egyptiens, les Jordaniens ou qui que ce soit d'autre avec un cas ingérable. Du point de vue du Royaume-Uni, si ça doit donner la migraine à quelqu'un, autant la laisser aux Américains."



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