
Il avait prévenu la Renfe avant le drame
Il est quasiment établi que le train à grande vitesse roulait à 190 km/h sur un tronçon délicat, en plein virage, limité à 80 km/h. Selon le journal ABC (en espagnol), l'un des deux conducteurs aurait lancé dans la radio de transmission entre le train et la station, alors qu'il abordait la dangereuse courbe où s'est produit l'accident : "Je roule à 190 km/h et je vais dérailler." Plusieurs médias espagnols attribuent cette phrase à Francisco José Garzón. Ainsi que celles qui suivent.
Coincé dans la cabine avec son collègue après le déraillement, le conducteur, toujours en liaison avec la station, aurait crié : "On est humains, on est humains ! J'espère qu'il n'y a pas de morts, sinon je les aurai sur la conscience", rapporte El Pais (en espagnol). "J'ai merdé, je veux mourir", aurait-il ajouté. Ce message radio a été enregistré par la compagnie ferroviaire espagnole Renfe.
Selon la chaîne RTVE, les deux conducteurs sont ensuite parvenus à s'extraire de la cabine et ont participé aux opérations de secours. Francisco José Garzón, identifié par El Pais comme un des blessés errant sur le quai (photo d'illustration), aurait répété, selon El Mundo : "J'ai déraillé, qu'est-ce que je peux y faire ? Qu'est-ce que je peux faire ?"
Expérimenté, mais adepte de vitesse ?
Francisco José Garzón travaille depuis trente ans à la Renfe. Fils de cheminot, raconte La Voz de Galicia, il a monté les échelons petit à petit pour devenir coconducteur en 2000 puis conducteur principal en 2003. Selon la compagnie ferroviaire, il opérait sur la ligne Madrid-Ferrol, qui desservait Saint-Jacques-de-Compostelle, depuis un an.
Etait-il adepte de la vitesse ? De nombreux journaux espagnols ont publié des extraits d'une page Facebook à son nom (supprimée jeudi matin), sur laquelle il se vante de conduire des trains à une vitesse élevée. Il avait posté en mars 2012 la photo d'un compteur dont l'aiguille indiquait 200 km/h.
"Je suis à la limite, je ne peux pas aller plus vite, sinon j'ai une amende", avait-il commenté, avant de plaisanter : "Quel pied ce serait de faire la course avec la Guardia Civil", la police espagnole. Comme le relève L'Express, une page Facebok au nom de Francisco José Garzón, avec les mêmes photos, a été recréée par des internautes jeudi.
Soutenus par ses collègues
Les représentants des syndicats de cheminots jugent prématuré d'accuser le conducteur. "L'erreur humaine est toujours une possibilité (...) mais il est très difficile de savoir ce qui a pu se produire", estime Miguel Angel Cillero, responsable des transports au syndicat UGT, auquel Francisco José Garzón est affilié. Comme le rapporte L'Express, citant La Voz de Galicia, l'homme a encore le soutien de ses collègues : "C'est un homme bien, un mec classe", dit l'un d'entre eux. "Vous ne trouverez personne qui parlera mal de lui", ajoute un autre.
Selon la Renfe, le train "n'a eu aucun problème opérationnel" et avait passé une révision technique le matin même. Par ailleurs, les tests d'alcoolémie pratiqués dans le cadre de l'enquête se sont révélés négatifs.
A l'endroit de l'accident, un système de sécurité aurait dû en théorie prévenir les pilotes de la vitesse excessive. Soit ces derniers ont ignoré les avertissements, soit le système n'a pas fonctionné.
Une caméra de surveillance a filmé le déraillement :



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