Traduit par Résistance 71

La vie est belle si vous êtes un membre du club de la contre-révolution du Golfe officiellement connu sous le vocable de Conseil de la Coopération du Golfe (CCG). Vous pouvez écrabouiller le printemps arabe à volonté. Vous pouvez vous alouer les sbires du tout Dar-al-Islam pour faire avancer la division sectaire sunnite-chi'ite. Vous pouvez être profondément impliqué dans la destruction de la Syrie. Vous pouvez traiter une bonne partie de votre population comme des citoyens de troisième zone.


Non seulement on ne vous dira rien, mais vous serez récompensé par de très beaux jouets bien chers et dans un cas bien particulier, celui de l'Arabie Saoudite, même un siège de deux ans au conseil de sécurité de l'ONU.

Sans mentionner le fait que la maison des Saoud s'en sort à manipuler l'Islam en étant le pilier de sa "légitimité"... La maison des Saoud contrôle le Haj, qui a lieu cette semaine, une énorme opération logistique qui "légitimise" son rôle de leader de l'islam sunnite et automatiquement, du monde musulman dans sa totalité. Des musulmans bien informés sont pourtant bien au courant de cette fallacie, tout comme ils sont parfaitement au courant du comment la maison des Saoud a transformé la Mecque en une sorte de station balnéaire de luxe style Las Vegas, où on paie à la prière. Qui en profite ? Certainement pas les pèlerins.

Cette semaine, l'agence de coopération de la défense américaine a annoncé qu'elle avait notifié au congrès de la vente de matériel militaire ultra-sophistiqué à l'Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis (EAU). Ceci se décompose en "munitions variées assorties d'équipement approprié, de pièces de rechange, d'entraînement et de soutien logistique" à Ryadh pour 6,8 milliards de dollars et Abu Dhabi pour 4 milliards de dollars.

Armer "nos" salauds de wahabites est le contrat le plus juteux pour notre complexe panoptique militaro-industriel et de la sécurité orwellien. Séquestration ? Restrictions budgétaires ? Qui s'en soucie ? Il y a une manne sans fin avec les contrats en provenance du Golfe, induite dans le narratif de cette super-puissance bénigne "bienfaitrice" de ces pauvres monarchies monopolistes sans défense et les défendant contre les méchants d'usage, un coup c'est l'Irak, le jour d'après l'Iran, le jour d'après cela peut être leur propre peuple, alors il faut se préparer à l'action.

De temps en temps, Israël va froncer un peu les sourcils pour donner le change, mais c'est juste pour la parade. Israël et le CCG ont une alliance de facto contre le bloc régionalememt connu comme axe de la résistance entre l'Iran, l'Irak, la Syrie et le Hezbollah, Israël en conséquence ne fera rien pour empêcher les pays du CCG à s'empiffrer de F-15 Eagles, de F-16 Desert Falcons et toute leur batterie assorie de joyeuseté en matière de missiles de croisière, de bombes intelligentes et de tout cet équipement de communication super high-tech. Juste votre "coopération militaire et de défense" innocente et normale.

Il y a des hoquets dans cette relation confortable bien sûr. En ce moment, la maison des Saoud est livide à l'idée de devoir accepter une solution négociée sur le cas du nucléaire iranien et ce juste après l'accord russo-américain sur les armes chimiques de la Syrie. Et pourtant maintenant la maison des Saoud a même trouvé un podium pour crier sa colère, elle vient juste de gagner un siège de deux ans au conseil de sécurité de l'ONU pour la première fois, prenant la place du Pakistan en tant que représentant Asie-Pacifique.

La maison des Saoud s'est toujours abstenue de s'engager à la course au siège au CS dans le passé. Mais maintenant, faisant face à sa version fabriquée d'une "menace existentielle", représentée non seulement par l'Iran mais aussi par la Syrie d'Al-Assad, il est temps d'agir.

Alors préparez-vous à observer un royaume pétrolier médiéval en colère et apeuré, notoire pour ses succès sans précédents au niveau des droits de l'Homme, des femmes et si enclin à faire fouetter et décapiter au sabre en public, pontifier sur la scène internationale au sujet... des droits de l'Homme... C'est ce que les think tanks américains décrivent comme étant "rechercher un rôle plus actif dans les corps internationaux clé". Quand cela s'applique à "nos" salauds, bien sûr, autrement c'est au sujet "d'états terroristes" essayant de subvertir l'ordre international.

Un bon nombre de princes de la maison des Saoud sont impliqués dans une bataille mortelle au sujet de la succession saoudienne pour le trône alors que le roi Abdullah va rejoindre son fabricant. Ces princes ont-ils le niveau d'un Machiavel ? Détendez-vous...

Machiavel nous a appris que la volonté individuelle est aussi cruciale que le pouvoir international pour déterminer des décisions de politique étrangère. Le Florentin a insisté sur comment la fortuna (fortune) peut-être capricieuse et comment l'histoire peut-être contingente. Alors comment un prince dirige t'il l'État ? en déployant la virtu (vertu).

Oh non, ceci n'a rien à voir avec le gloubi boulga chrétien emprunt de culpabilité, qui est aussi un des piliers cruciaux du concept de "l'exceptionalisme américain". Cela a tout à voir avec les valeurs classiques prédominantes dans le monde ancien, de la Grèce à la Perse, la vertu est dans la connaissance, la force, le courage et l'ingénuité.

Donc, selon ces standards en or, Vladimir Poutine certainement qualifie de "prince" politique. Deng Xiao Ping l'était assurément. Hassan Rouhani en Iran pourrait prouver qu'il est de ce calibre (NdT: Nous ajouterions Hassan Nasrallah du Hezbollah sans aucun doute à cette liste d'Escobar). Mais que dire de ces princes arabes peureux, colériques, intolérants et pourtant armés jusqu'aux dents ? Vous ne devez pas être un pélerin à la Mecque-Disneyland pour trouver votre réponse.