Grèce, dictature en Europe
© Inconnu

Madame, toute insulte raciste, qu'elle s'adresse à un inconnu ou à un ministre est à condamner et je la condamne. C'est l'éducation qui doit nous apprendre que notre crainte de l'étranger est un non-sens face à l'Histoire. Que nous ne sommes que des voyageurs. Que ce sont des Basques qui sont les ancêtres des Irlandais. He oui, les bateaux et les flots de migrants datent de cette aube de la vie où se marièrent l'eau, le bois et ce désir de mouvement qui est celui de notre univers.

Ceci dit, je suis étonnée qu'en tant que ministre de la Justice, attentive aux réactions d'un pays face à des fautes qu'il faut relever et punir, vous n'ayez pas réagi à la publication d'une loi qui, en Grèce, condamne désormais à deux ans de prison quiconque s'attaque à l'Union Européenne.

Est-ce une babiole ? Une coutume exotique de ces terres lointaines ? Les Grecs sont-ils si différents de nous ? http://prin.gr/?p=2291

Je vous en donne les détails puisque vous les ignorez sans doute. Car sinon, avec ce courage que l'on vous connaît, vous auriez pris la parole.

Depuis le jeudi 24 Octobre, le Code pénal Hellène a introduit l'article 458, qui est une mesure relative à la « violation du droit communautaire », dans lequel il est prévu un emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans pour les citoyens qui agissent contre les structures européennes, mais aussi, pour ceux qui protestent ou expriment un désaccord comme l'opposition aux sanctions. Deux ans de prison aussi pour ceux qui vont à l'encontre des gouvernements et des représentants de l'UE. Après les 2 millions d'euros dépensés par le Parlement européen pour bloquer les blogs, sites web et autres affiches eurosceptiques, aujourd'hui, en Grèce, pour pouvoir s'exprimer librement, il faut ne pas avoir peur de passer derrière les barreaux.

Ceci date du 24 octobre mais vu le peu d'échos dans notre pays, je suppose que la valise diplomatique arrive à bord de l'Orient-Express.

Hier, cependant, une autre nouvelle tombe, tout aussi inquiétante : A Athènes , la police évacue le siège de la TV nationale occupée. (Libération)

« Aux premières heures de la matinée, la police anti-émeute, en présence d'un procureur, est entrée dans les locaux de l'ancienne radio-télévision, situés dans une banlieue nord d'Athènes, a constaté un journaliste de l'AFP.

D'autres policiers ont repoussé hors des locaux environ 200 personnes qui protestaient contre l'évacuation.

Syndicats et partis d'opposition de gauche ont fortement dénoncé l'intervention policière et ont appelé dans la foulée à une manifestation devant les locaux de l'ERT à 14H00 GMT.

Les anciens employés d'ERT ont appelé « tout citoyen à être présent pour défendre la démocratie ».

Selon les témoignages, des policiers ont forcé les portes de l'établissement et d'autres ont sauté par dessus des grilles pour pénétrer sur les lieux. Mais aucun affrontement n'avait été constaté vers 07H00 GMT, alors que l'opération des forces de police se terminait.

Comment appeler tout ceci sinon une dictature de plus en plus affirmée ? Et la France, pays des droits de l'Homme ne dit rien ? Et vous-même, ministre de la justice, au moment où l'absence totale de démocratie est inscrite dans les lois d'un pays proche ? Est-ce parce que le PS et vous-même font partie de ces européiste qui ont voté l'ANI, le TSCG, préparant une réforme des retraites et une mise en œuvre de cet effrayant marché transatlantique ? Car vous êtes une libérale, madame, c'est-à-dire, aux yeux de la vraie gauche, une amie de la Finance et une ennemie du peuple.

Mais en France, certains diront, on n'en est pas là .

Ce n'est pas ce que révèle le blog européen de M. Mélenchon.

M. Mélenchon, dont vous aviez dit dans « Des paroles et des actes » que « son agressivité » était « insignifiante » nous met quand même les points sur les i d'une manière très signifiante. On y apprend ce qui nous attend, dans cette Europe libérale que vous servez, si nous avons le malheur de relever un peu la tête.

En Juin dernier s'est déroulé le 1er "War Game" (simulation de stratégie de guerre) consacré au futur des capacités militaires de l'Union européenne. L'objectif annoncé est de définir les capacités militaires nécessaires à la sécurité commune et aux opérations de la politique de défense à moyen et à long terme.

Ces opérations sont menées par l'European Defense Agency (EDA), placée sous la présidence de Catherine Ashton. Cette agence, créée en 2004 comme « entreprise de recherche », décide seule des scénarios de conflits et des stratégies à mettre en œuvre pour y faire face. Il s'agit donc d'un transfert de souveraineté sous forme de transfert de compétences. Pourtant, la défense est un domaine relevant encore de la souveraineté des Etats. Même les traités européens en vigueur garantissent ce principe.

Comment la Commission explique-t-elle ce nouveau déni de souveraineté ?

Les scénarii testés envisagent, dans 2 cas sur 4, des conflits internes provoqués par la gestion financière de la crise. Il s'agit de prévoir des opérations militaires si des Etats ne peuvent « plus répondre aux challenges de la mondialisation, de la concurrence sur les ressources et du changement climatique ».

Comment l'UE peut-elle se préparer à intervenir militairement dans ce type de situation ?

Les résultats devaient être présentés aux Etats-membres en Automne 2013.

Qu'en est-il ? Quand les parlementaires auront-ils accès à ces résultats ?

Madame, j'attends vos éclaircissements sur ces sujets très inquiétants pour notre démocratie et je ne peux croire que quelqu'un qui a connu dans l'Histoire des siens les ravages de l'esclavage, veuille que la majeure partie, laborieuse, de la population européenne soit conduite vers un destin identique.

Pas de racisme. Pas de fascisme. Pas de dictature.