
Un nouveau rapport du MIT (Massachusetts Institute of Technology) défie l'affirmation états-unienne (et française, ndt) selon laquelle ce sont les forces d'Assad qui ont utilisé des armes chimiques en août dernier, soulignant que la portée de la roquette improvisée était beaucoup trop courte pour avoir été lancée depuis des zones contrôlées par le gouvernement.
Dans le rapport intitulé "Possible Implications of Faulty US Technical Intelligence" (Implications Possibles De Renseignements US Erronés, ndt), Richard Lloyd, un ancien inspecteur des armements de l'ONU, et Theodore Postol, un professeur du MIT, ont examiné la conception de la roquette et calculé les trajectoires possibles sur la base du chargement de l'engin.
Les auteurs ont conclu que le gaz sarin "ne pouvait tout simplement pas avoir été tiré vers la Ghouta orientale depuis le 'cœur', ou le bord oriental de la zone contrôlée par le gouvernement syrien montrée sur la carte des renseignements publiée par la Maison Blanche le 30 août 2013."
Se reposant sur des calculs mathématiques, Lloyd et Postol estiment que la roquette, disposant de telles facultés aérodynamiques, ne pouvait pas voler plus de deux kilomètres. Afin d'illustrer leur conclusion, les auteurs intègrent la carte originale de la Maison Blanche qui dépeignait les zones contrôlées par Assad et celles contrôlées par l'opposition. Sur la base de la portée de tir et de la situation des troupes le 21 août, les auteurs parviennent à la conclusion que toutes les zones à l'intérieur de ce rayon de 2 kilomètres étaient aux mains des rebelles.

Les auteurs mettent l'accent sur le fait que l'estimation indépendante par l'ONU de la portée de la munition chimique est en "accord complet" avec leurs travaux.
Le rapport poursuit en remettant en cause les points clés de l'attaque chimique que le ministre de la défense US a présentés au peuple états-unien le 30 août et au Comité des Relations Internationales le 3 septembre dans un effort pour obtenir une attaque militaire contre la Syrie.
"Mon opinion quand j'ai commencé ce processus était que cela ne pouvait être que le gouvernement syrien derrière l'attaque. Mais maintenant je ne suis plus sûr de rien. Le discours de l'administration n'était même pas proche de la réalité. Nos renseignements ne peuvent absolument pas être corrects," a dit Postol à McClatchy publication (entreprise de presse US rassemblant 30 journaux quotidiens, ndt).

Pourquoi le genre particulier de roquette qui a été utilisée lors de l'attaque n'a pas été déclaré par le gouvernement syrien comme faisant partie de son arsenal lorsqu'il accepta de détruire ses armements chimiques et leurs modes de livraison demeure également un mystère. Les inspecteurs de l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques) chargés de l'application de cet accord n'ont pas non plus trouvé une roquette semblable en la possession des forces gouvernementales.
La Syrie a accepté la destruction de ses armements chimiques par le biais d'un accord conclu entre la Russie et les USA après une attaque au gaz sarin le 21 aout. Les nations occidentales ont accusé les forces du Président Bachar al-Assad de l'attaque mortelle, tandis que Damas en accusait les rebelles. La mission de collecte d'informations de l'ONU n'avait pas de mandat pour découvrir qui avait perpétré cette attaque.
Selon le plan soutenu par l'ONU, toutes les 1290 tonnes d'agents toxiques déclarés par le pays devraient être détruits d'ici le 30 juin. Pour commencer, le premier lot des matériaux les plus dangereux devait être sorti de Syrie le 31 décembre.
Toutefois, la date prévue fut manquée à cause de la guerre encore en cours en Syrie et de questions techniques. Ce n'est que le 7 janvier que des "matériaux chimiques prioritaires" ont quitté le port syrien de Lataqquié sur un navire danois pour les eaux internationales.
Source: http://rt.com/news/study-challenges-syria-chemical-attack-681/



Commentaires des Lecteurs
Lettre d'Information