paris attacks
© Jay Directo/AFP/Getty
Quelque trois cents personnes ont été tuées ou blessées dans les attaques terroristes de la semaine dernière à Paris. On nous dit que six des terroristes se sont fait exploser : deux au cours de la descente de police au Bataclan, trois à l'extérieur ou à proximité du Stade de France, et un au restaurant Voltaire. Voici une chronologie des attentats, adaptée du résumé de la chronologie du Guardian, fournie par le procureur de Paris, François Molins :
21h20 Une victime a été tuée lorsque la première explosion a retenti à Saint Denis, près du Stade de France lors d'un match de football entre la France et l'Allemagne. Le corps d'un terroriste a été retrouvé sur les lieux, avec une ceinture d'explosifs remplie d'éclats d'obus.

21h30 Une deuxième explosion a eu lieu devant le Stade de France. Le corps d'un autre kamikaze a été découvert sur les lieux avec une ceinture d'explosifs semblable.
Bilal Hadfi, 20 ans, qui aurait combattu avec l'ÉI en Syrie après avoir été radicalisé l'année dernière, et Ahmad Al Mohammad, 25 ans, syrien qui serait passé par la Grèce et la Serbie en octobre dernier et dont le passeport a été trouvé sur ou à proximité de son corps, ont été identifiés par les autorités françaises comme les deux kamikazes décrits ci-dessus. Cependant, un jour après que les autorités françaises ont « confirmé » que l'homme était en effet Al Mohammad, la police serbe a arrêté un homme possédant un passeport identique à celui trouvé au Stade de France - seule la photographie est différente - ce qui suggère que l'un ou l'autre des passeports est faux. Est-ce que l'homme sur lequel le passeport a été retrouvé est le même que celui qui a utilisé ce passeport pour entrer en Grèce et en Serbie ?
21h40 Une personne a été grièvement blessée quand une explosion suicide - similaire à celles utilisées dans les autres attaques - s'est produite à l'intérieur du restaurant Voltaire, sur le boulevard Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris.
Ce terroriste a été identifié comme étant Ibrahim Abdeslam, le franco-belge de trente-et-un ans qui aurait loué la Seat noire, et dont le frère, Salah (qui a loué la Polo noire), est actuellement poursuivi par les autorités européennes. (Les derniers rapports l'ont placé dans le quartier du Neudorf de Strasbourg, mais il n'a pas été trouvé par la police.) Son autre frère, Mohammed, était parmi les sept personnes arrêtées lors d'un raid de la police au cours du week-end en Belgique. Il a été libéré, avec quatre autres personnes, et a fait cette déclaration dans laquelle il avoir eu connaissance de l'implication de ses frères dans les attaques. Les deux autres sont détenus sur des accusations de terrorisme.
21h40 Quatre-vingt-neuf personnes ont été tuées et « plusieurs » blessées par trois hommes armés qui ont pris des otages et ont ouvert le feu sur la foule lors d'un concert de rock au Bataclan. Pendant le massacre, on a entend les assaillants mentionner la Syrie et l'Irak. Ils sont arrivés sur les lieux dans une Polo noire.
Deux sur les trois ont été identifiés à ce jour :

1) Omar Ismal Mostefai, un franco-algérien de vingt-neuf ans qui aurait voyagé en Syrie à la fin 2013. La Turquie dit qu'il est entré chez eux en 2013, sans laisser de trace, et qu'ils ont notifié la France en décembre 2014 et en juin 2015 à son sujet. La seule réponse des autorités françaises fut une demande d'information envoyée le samedi 14 novembre, le lendemain des attaques terroristes.

2) Samy Animour, un Français de 28 ans qui avait été arrêté en octobre 2012 sur des soupçons d'association avec des terroristes. Il a été détenu pendant quatre jours après avoir supposément voulu visiter le Yémen. Il aurait violé sa liberté conditionnelle en septembre 2013 en se rendant en Syrie, sans doute pour se battre pour l'État islamique.
21h53 La troisième explosion a eu lieu dans la rue de la Coquerie, à proximité du Stade de France. Le corps d'un troisième kamikaze portant une ceinture d'explosifs a été trouvé sur les lieux.

00h20 Les trois terroristes au Bataclan sont tués. L'un est abattu par la police française, les deux autres se sont fait exploser.
Les trois terroristes qui ont attaqué les amateurs de concerts au Bataclan ont montré un degré de « professionnalisme » meurtrier, exécutant froidement les otages avant de se faire exploser au cours de la descente de police, près de deux heures après le début de l'attaque. Selon un survivant, Massimiliano Natalucci, la fusillade a duré seulement quinze à vingt minutes et a repris au cours du raid de la police, ce qui soulève la question : qu'ont fait les terroristes entre la fusillade et l'assaut des forces d'intervention (un intervalle d'1 heure 20) ? Natalucci a dit qu'il avait eu l'occasion d'observer d'un bon œil l'un des visages des terroristes. Espérons - une fois que la police française aura publié les photos de tous les suspects - qu'il sera en mesure d'identifier avec certitude l'homme qu'il a vu.

Curieusement, un rapport affirme qu'une femme a aidé les terroristes au Bataclan. Le rapport n'a pas eu de suite dans les jours suivant les attentats :
Sur Europe 1, un couple de spectateurs a déclaré avoir vu une femme parmi les tueurs au Bataclan. Les deux témoins disent aussi qu'ils ont vu trois terroristes sur place - non pas quatre. Trois armes et trois corps ont également été trouvés à l'intérieur de la salle de concert. Les deux témoins ont dit que la femme de l'équipe était désarmée.
Qui était cette femme ? La seule autre mention d'une femme a été faite dès le 18 novembre. Au cours d'une descente de police à Saint-Denis, à deux km au nord du Stade de France, et annoncée comme étant liée à la recherche de Salah, une femme serait morte après s'être fait exploser. Le RAID est toujours en action, et on rapporte au moins sept explosions, une heure de coups de feu, au moins cinq policiers blessés, cinq arrestations effectuées (y compris l'homme qui louait les chambres aux Belges et une femme de ses amies), et un suspect tué en plus de la femme.

En contraste avec le professionnalisme des terroristes du Bataclan, les quatre autres kamikazes semblent avoir complètement échoué dans leur « mission ». Sur un total de quatre attaques, ils ont tué une personne et en ont blessé une autre, en plus d'eux-mêmes. Le premier terroriste du Stade de France aurait eu un billet pour le match, mais sa ceinture d'explosifs a été découverte lors d'une fouille et il l'a faite exploser tout en s'éloignant des agents de sécurité. Non seulement ils ne sont pas parvenus à viser le match (leur cible, apparemment), mais ils semblent s'être tout simplement fait sauter eux-mêmes sans viser personne. Pourquoi donc ?

Les terroristes qui ont ciblé les restaurants et les bars ont sans doute fait montre d'un niveau encore plus élevé de professionnalisme que les terroristes du Bataclan. Voici la chronologie de la fusillade selon le Guardian :
21h25 Quinze personnes ont été tuées et dix blessées dans le bar Le Carillon et le restaurant Le Petit Cambodge, rue Alibert dans le 10e arrondissement de la ville. Les terroristes armés de kalachnikovs ont été vus dans une Seat noire, ils ont pilé avant d'ouvrir le feu. Des rapports font état d'un ou plusieurs tireurs, et d'une ou deux voitures (dont une Ford Focus). Un témoin a déclaré que le conducteur avait l'air très jeune, 18-20 ans.

21h32 Cinq personnes sont mortes et huit ont été blessées dans une fusillade à l'extérieur du bar La Bonne Bière, dans le 11e arrondissement. Les hommes armés sont arrivés dans la même voiture et portaient des armes similaires à la première fusillade.
Un témoin oculaire danois a dit que l'un des tireurs de La Bonne Bière était très professionnel et tirait avec sa kalachnikov de la main gauche, des rafales de trois/quatre coups de feu, « entièrement intentionnels » : « Tout ce qu'il portait était très ajusté, des bottes ou des chaussures et des pantalons serrés, le pull qu'il portait était serré, pas de fermeture éclair ou de col. Tout ce qu'il portait était dans les tons noirs. Si vous pensez à l'apparence d'un soldat, c'était exactement cela - sans le treillis. Juste un homme en uniforme militaire, pull noir, pantalon noir, chaussures ou bottes noires et une mitrailleuse ». Le tireur décrit est sans doute toujours en liberté, à moins que l'équipe impliquée dans la série de fusillades ne soit la même que celle qui a sévi au Bataclan.
21h36 Dix-neuf personnes ont été tuées et neuf autres blessés au restaurant La Belle Équipe de la rue de Charonne dans le 11e arrondissement. Une Seat noire a été repérée sur les lieux et les tireurs étaient, là aussi, armés de Kalachnikovs. Encore une fois, des rapports font mention d'un ou plusieurs tireurs, et d'autres véhicules.
Le rapport suivant, tiré du UK Mirror, n'a pas été suivi ou mentionné par d'autres agences de presse. Au lieu de la Seat noire qui permettrait de relier l'attaque de la Belle Équipe aux autres attaques, il mentionne une Mercedes noire aux vitres teintées, et fait une description du terroriste qui va franchement à l'encontre des hommes identifiés à ce jour :
Mahoud Admo a déclaré : « Le tireur n'a montré aucune émotion quand il a commencé à cribler de balles les clients du bar. Il ne cessait de recharger sa mitraillette et de tirer, sans dire un mot... ».

M. Admo, 26 ans, qui séjournait à l'auberge de l'Armée du Salut, rue de Charonne en face de La Belle Équipe, a raconté comment des hommes armés ont exécuté les clients depuis leur véhicule.

« À environ 21h30, une Mercedes noire apparemment neuve aux vitres teintées à l'arrière et aux vitres ouvertes à l'avant a surgi. J'ai pu clairement voir le visage du passager puisqu'il ne portait pas de chapeau ni de masque.

Dès que la voiture s'est arrêtée, il a ouvert doucement la porte et est sorti pour faire face au bar. C'est à ce moment-là que j'ai vu qu'il tenait une mitraillette, au niveau de la hanche. Je n'arrivais pas à en croire mes yeux. Les gens à l'extérieur ont repéré le tireur qui approchait avec son fusil et ont essayé de se réfugier à l'intérieur en courant, mais il leur a tiré dessus.

Ensuite, les gens à l'intérieur se sont avancés pour voir ce qui se passait et le tireur les a criblés de balles. J'ai tenté d'enregistrer la scène avec l'appareil photo de mon téléphone portable, mais le tireur a vu la lumière sur mon portable et je me suis baissé derrière le mur alors qu'il tirait sur mon auberge. Le tireur a calmement rechargé son arme à plusieurs reprises. Il s'est ensuite tourné vers les fenêtres de la rue pour s'assurer que personne ne filmait ou ne prenait des photos. Cela a duré plus de six minutes.

Il a tiré beaucoup de balles. Il était blanc, rasé de près et avait les cheveux noirs soigneusement taillés. Il était habillé tout en noir, et portait un foulard rouge. Le tireur était âgé d'environ trente-cinq ans et avait une constitution extrêmement musclée, ça se voyait à la taille de ses bras. Il ressemblait à un haltérophile. Il ne portait pas de gants, et son visage était inexpressif tandis qu'il se dirigeait vers le bar.

Le conducteur avait ouvert sa portière peu avant le début de la fusillade, il se tenait debout, le bras sur le toit de la voiture, où reposait une mitrailleuse. Il se tenait là, le pied dans la portière, comme s'il faisait le guet. Je le décrirais comme grand, avec des cheveux noirs et aussi assez musclé.

Ils ressemblaient à des soldats ou des mercenaires et ont tout exécuté comme une opération militaire. Il était clair qu'ils étaient tous les deux très lourdement armés et le tireur portait plusieurs chargeurs sur lui. Ensuite, ils se sont tous deux calmement assis dans la voiture et ont filé en direction du Bataclan. »
Un bref rapport de l'Independent décrit également un terroriste comme « blanc » :
Les informations émergeant de la scène indiquent que l'un des agresseurs du Stade de France pourrait avoir été français. Des témoins ont décrit un attaquant comme « blanc », « de type européen », selon BFMTV.
Pepe Escobar résume joliment quelques-unes des observations ci-dessus :
L'équipe affectée au Stade de France était composée de pigeons à deux sous qui ont tenté d'entrer dans un stade au moment d'un match de football jouissant d'une grande visibilité avec une forte présence policière, en portant leur veste de suicide. De simples martyrs considérés comme quantité négligeable, avec passeport syrien et tout.

L'équipe du Bataclan était formée de tireurs calmes et relativement expérimentés, mais des martyrs quand même. Ils savaient qu'une prise d'otages en France ne pouvait finir qu'avec leur martyre. Une quantité moins négligeable, mais négligeable quand même.

Le cœur du problème, c'est l'équipe à la voiture. Ou plutôt les équipes. L'enquête ne semble rien savoir à ce sujet. D'après les témoins, les tueurs de La Belle Équipe sont arrivés en Mercedes noire. On ne parle de cette Mercedes nulle part. Les tueurs étaient ultra-pros, musclés, méthodiques... et blancs.

Ceux-là ne sont pas considérés comme quantité négligeable. Ce sont des mercenaires payés au prix fort. Pendant que tout le cirque médiatique s'étend de Grenoble et Toulouse à Bruxelles et même à Raqqa, ils ont tout simplement disparu sans laisser de trace. Personne ne sait qui les a embauchés. Ce serait étonnant que ce soit le djihadiste des réseaux sociaux al-Baljiki.
paris terrorists
Ces types vous paraissent « blancs » ? (De gauche à droite en partant du haut) Abdeslam Salah (en fuite), Bilal Hadfi, Ahmad Almohamad, Abdelhamid Abaaoud (chef de file présumé), Samy Amimour, Omar Mostefai
Maintenant, la police française fait état d'un neuvième suspect après avoir, semble-t-il, trouvé des séquences vidéo de l'une des fusillades, dans lesquelles trois hommes (dont l'un serait Brahim Abdeslam) sont visibles dans la Seat noire. Cet homme correspond-il aux descriptions données par les témoins oculaires ?

Mais que dire de ce conducteur d'environ dix-huit/vingt ans ? Ça ne pouvait pas être Hadfi, âgé de vingt ans, qui s'est prétendument fait exploser au Stade de France cinq minutes avant ou après le début des tirs. Et qu'en est-il du rapport du Figaro qui affirme que deux des terroristes morts étaient âgés de quinze et dix-huit ans ? Jusqu'à présent, cinq des sept terroristes ont été identifiés par les autorités, mais à l'exception de Hadfi, ils ont tous entre vingt-cinq et trente-et-un ans : 25, 28, 29, 31. Si le rapport du Figaro est exact, au moins un des deux terroristes restants devrait être identifié comme un adolescent.

Les récits ci-dessus suggèrent plusieurs possibilités :

1) Les rapports sont faux, résultant soit de témoins peu fiables (peu probable) soit d'inventions médiatiques (plus probable).
2) Les identités publiées par les autorités ne sont pas celles de tous les hommes (et de la femme ?) impliqués dans les attentats. Les survivants des attaques devraient être en mesure de confirmer ou de réfuter ceci - puisque les terroristes ne portaient pas de masques - et plusieurs d'entre eux ont une idée assez bonne de leurs visages.
3) Il y avait plus de 8 terroristes impliqués dans les attentats.

En ce qui concerne la possibilité # 3, peut-être que les Irakiens - qui avaient averti France la veille que l'ÉI projetait des attentats - savent quelque chose ?
Parlant à l'Associated Press sous couvert d'anonymat, six hauts responsables irakiens ont confirmé les information du message, et quatre de ces fonctionnaires ont déclaré qu'ils avaient spécifiquement mis la France en garde contre une éventuelle attaque. Deux fonctionnaires ont déclaré à l'Associated Press que la France avait été avertie à l'avance de détails supplémentaires, que les autorités de ce pays n'ont pas rendus publiques.

Les fonctionnaires ont déclaré que les attentats de Paris semblaient avoir été planifiés à Raqqa en Syrie - de facto la capitale de l'ÉI - où les attaquants se préparaient de façon spécifique pour cette opération. Après leur formation, les assaillants se sont rendus en France, où ils ont rencontré les membres d'une cellule dormante qui les ont aidés à mener à bien les attaques meurtrières. Au total, vingt-quatre personnes auraient été impliquées dans l'opération : dix-neuf attaquants et cinq autres personnes responsables de la planification et de la logistique.