Commentaire : Ouvrons Wikipedia à la page du mot Hyper : « Hyper est un préfixe qui vient du grec, il signifie « supérieur » ou « au-dessus » et s'oppose au préfixe hypo [...] Et puis le Larousse qui nous dit aussi : « [...]indiquant une position supérieure dans l'espace, une intensité ou une propriété supérieures à la normale. » C'est le minimum que nous puissions faire pour tenter de décrypter le mystérieux langage de Valls, que nous, pauvres mortels, pourrions avoir tant de mal à appréhender.


Valls
© afp.com/Christina Sabrowsky
Le Premier ministre Manuel Valls a tenu un discours alarmiste sur la menace terroriste en Europe.
En marge d'une conférence en Allemagne ce samedi, le Premier ministre a estimé que l'Europe était entrée dans une ère "d'hyperterrorisme". "Nous avons changé d'époque", a-t-il prévenu.


Commentaire : On apprend donc avec Valls qu'il y a un terrorisme supérieur à la normale : l'hyper-terrorisme. Remercions-le : nous savons maintenant que les bombes qui nous pètent à la figure sont des hyper-bombes posées par des hyper-terroristes. Ces bombes ont d'ailleurs des propriétés mystérieuses : elles nous font changer d'époque. On ne sait pas comment, mais cela doit être vrai puisque le premier ministre nous le dit.


Sous couvert d'anonymat, un responsable de la lutte antiterroriste français affirmait récemment que 2015 "n'était peut-être qu'un entraînement". Manuel Valls lui emboîte le pas. Lors de la Conférence sur la sécurité de Munich (Allemagne) ce samedi, le Premier ministre a certifié qu'il y aurait de nouveaux attentats. "Nous devons cette vérité à nos peuples : il y a aura d'autres attaques, des attaques d'ampleur, c'est une certitude. Cet hyperterrorisme est là pour durer, même si nous devons le combattre avec la plus grande détermination", a-t-il déclaré.


Commentaire : Avoir la certitude qu'un évènement va arriver, toute mâchoire serrée, c'est donner l'impression que l'on va soi-même y participer. Mais loin de nous d'imaginer que ce nouveau nom d'hyperterrorisme cache en fait un terrorisme d'état, non. Allons. Nous préférons envisager d'autres possibilités : Manuel possède des dons de voyances extraordinaires ou il est allé consulter quelques oracles bien informés, c'est plus vraisemblable.


La semaine dernière à Paris, Manuel Valls avait déjà affirmé que le niveau de la menace d'attentats était actuellement "sans doute" supérieur à celui d'avant les attentats djihadistes du 13 novembre. "Nous sommes entrés, nous tous le sentons bien, dans une nouvelle époque caractérisée par la présence durable de l'hyperterrorisme. Un hyperterrorisme qui se trouve à la confluence d'un pseudo-messianisme religieux et de l'usage de la terreur de masse", a-t-il poursuivi ce samedi lors de la conférence surnommée le "Davos de la sécurité".


Commentaire : Toutes plaisanterie mise à part, on se demande si Valls n'est pas en pleine crise de délire : critiquer un « hyperterrorisme qui se trouve à la confluence d'un pseudo-messianisme religieux » et d'« un usage de la terreur de masse », et faire très exactement la même chose en tenant le discours qui est le sien durant toute la conférence, à coup catéchisme d'état prédictif, de certitudes clamées, de « nous tous le sentons bien »...



Pour Manuel Valls, "nous avons changé d'époque". "Nous devons en être pleinement conscients, et agir avec une très grande force et une très grande lucidité", a-t-il ajouté lors d'une table ronde à laquelle participait notamment son homologue russe Dmitri Medvedev.


Commentaire : Valls nous invite à partager avec lui sa nouvelle réalité, faite de mensonges et de contradictions : justifier et affirmer la mise en place d'un état d'urgence pour diminuer les risques et les peurs, augmenter les sécurités. Nous persuader de l' efficacité des mesures mises en places pour, dans le même temps, prédire des « hyper-attentats », la destruction, la peur et la mort...


Mise en garde contre l'intervention russe en Syrie

Comme le président François Hollande jeudi soir, le Premier ministre a appelé la Russie à arrêter de mener des frappes en Syrie qui touchent la population civile. "Je le dis sans aucune ambiguïté et en confiance, à Dmitri Medvedev : la France respecte la Russie et ses intérêts, [...] mais nous savons que pour retrouver la voie de la paix et de la discussion, les bombardements de la population civile doivent cesser", a-t-il dit.



Quant à l'accord obtenu à Munich entre les États-Unis, la Russie et leurs principaux alliés pour faire cesser les hostilités en Syrie, Manuel Valls a salué "une étape", mais "qu'il faut maintenant d'urgence concrétiser" dans "les faits".

Le Premier ministre a enfin réitéré son message sur le risque d'effondrement du projet européen, sur fond de crise migratoire et de risque de sortie du Royaume-Uni de l'Union des 28. "Le projet européen peut reculer et peut même disparaître si nous n'y prenons garde. Il disparaitra derrière la montée des égoïsmes et des populismes. Et ce serait là, pour nous tous, un grand pas en arrière", a-t-il dit.