Edmund Jacobson s'attacha à expliquer les bases physiologiques de l'émotion et, à partir de là, à définir une méthode de relaxation. La pensée classique croyait que l'émotion naissait dans le cerveau pour se propager ensuite dans nos muscles. Aujourd'hui on sait que l'organisme réagit comme un tout.

jacobson
© Inconnu
Relaxation progressive
La relation entre les muscles et l'émotion.En effet, non seulement une seule région du cerveau (l'hypothalamus) en est responsable, mais plusieurs systèmes (système limbique, néo-cortex...) et, enfin, nos muscles eux-même participent à l'émotion. A ce propos, Jacobson disait d'ailleurs : « il serait naïf de dire que nous pensons avec nos muscles, mais nous avons tord d'affirmer que nous pensons sans eux. »

A partir de là, dès 1908, Jacobson critique violemment toutes les techniques qui cherchaient à atteindre la relaxation par hypnose ou suggestion. C'est ainsi qu'il élabore une méthode fondée uniquement sur la décontraction musculaire.

Jacobson s'était aperçu que plus on était tendu, plus un sursaut involontaire était violent. Il chercha donc des moyens appropriés pour mesurer la tension et apprendre à ses patients à atteindre un degré zéro de l'activité nerveuse des muscles.

En quoi consiste donc la méthode de relaxation progressive de Jacobson ?

La relaxation progressive travaille essentiellement sur les muscles volontaires comme les biceps, triceps, etc. En effet, Jacobson a remarqué qu'en décontractant ceux-ci on agit directement sur la musculature lisse comme par exemple celle de l'intestin.

jacobson
© Inconnu
Contraction-décontraction
Sa méthode comprend donc trois cycles :
  1. Dans un premier temps, on apprend à reconnaître la sensation de « contractivité » d'un muscle et à l'éliminer. On progresse ainsi de muscle en muscle et en groupe de muscles jusqu'à ce que l'on sache relaxer le corps dans son entier. C'est à proprement parler la relaxation progressive.
  2. Le second cycle est appelé relaxation différentielle car elle consiste à savoir relâcher certains muscles pendant que d'autres sont en activité. Les sportifs ou les danseurs connaissent bien ce genre de pratique. La grâce du danseur par exemple est la résultante d'un ensemble de tensions et de décontractions.
  3. Enfin, le dernier cycle consiste à chercher dans notre vie quotidienne les tensions musculaires liées aux émotions qui nous assaillent et à les réduire.
Il est intéressant de s'attarder brièvement sur le fonctionnement des exercices de Jacobson.

Les exercices de la relaxation progressive

Ce principe est d'établir une légère tension en pliant un muscle, d'être attentif à cette tension de façon à bien la reconnaître, puis cela fait, au bout d'une minute environ de tout relâcher.

La relaxation est le contraire de l'effort

Il n'y a donc concentration que dans le repérage de la tension et non pas au niveau de la détente elle-même.

Pour mieux comprendre comment fonctionne la relaxation progressive, le mieux serait je pense de s'attarder sur un exemple.

J'ai choisi le premier exercice de la série des bras ou la tension du poignet me servira de modèle pour l'ensemble des séries des jambes, du tronc et des yeux. Il convient de noter que cette recherche de la contraction, puis ensuite de la détente dure environ une demi-heure. Dans le reste de la séance, on se relaxe sans rien faire.
  1. Après vous être étendu sur le dos de manière confortable, mais sans contrainte, fermez progressivement les yeux et laissez-vous aller. Les bras sont le long du corps, la paume de la main tournée vers le bas.
  2. Pliez votre main droite en arrière, au niveau du poignet, jusqu'à la verticale.
  3. Observez la tension. Recommencez l'exercice jusqu'à ce qu'elle soit perçue. Attention, il ne faut pas confondre la tension du muscle avec la gêne physique provoquée par la pliure du poignet.
  4. Ne faites plus rien ! La main doit alors retomber d'elle-même. Il faut éviter toute secousse, tout sursaut au moment de la laisser revenir.
La relaxation progressive et relaxation mentale

Il est important d'insister sur la relaxation mentale, spécialement utile dans les cas d'insomnie ou de préoccupation intense. En effet, la relaxation progressive considère que pour faire le vide dans notre esprit il n'est pas nécessaire de faire un effort spécifique.

Pourquoi ?

Car il suffit de relaxer nos muscles des yeux et ceux de la parole ou du visage. Il faudra alors arriver à localiser et à défaire les tensions oculaires correspondantes en visualisant des objets concrets (passage d'une voiture, d'un avion), puis des objets abstraits.

Pour finir cette article sur la relaxation progressive on peut dire qu'en refusant toute pratique de type analytique, la relaxation de Jacobson ne restera qu'un palliatif, parmi beaucoup de symptômes qui ont une cause profonde. Néanmoins, elle est une première approche pour les sujets hypertendus ou qui refusent tout contact verbal.