« Nous avons raison, le non gagnera», «le non n'est pas fini», «le non a gagné»... Des milliers de soutiens du «non» sont descendus dans les rues à Istanbul, lundi soir, pour contester le résultat du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels en Turquie.
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Le non a gagné
Après le référendum sur l'extension des pouvoirs du Président Recep Tayyip Erdogan, passé à une courte majorité dimanche dernier, une vague de manifestations a déferlé un peu partout en Turquie. Environ 2 000 personnes ont débarqué dans les rues de Kadiköy sur la rive asiatique d'Istanbul. Un millier de personnes étaient simultanément réunies à Besiktas, sur la rive européenne.

À Besiktas, les manifestants brandissaient des tracts sur lesquels il était inscrit « Nous avons raison, le non gagnera », indique l'AFP. Au cours de leur marche, ils scandaient « le non n'est pas fini », et « le non a gagné », slogans qui circulent largement sur les réseaux sociaux.

Dans les rues où passaient les manifestants, aux fenêtres des appartements, les gens tapaient sur des casseroles avec des ustensiles de cuisine, en signe de solidarité.

Le résultat du scrutin, remporté avec 51,4 % des voix, a été immédiatement contesté par les deux principaux partis de l'opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), qui ont dénoncé des « manipulations » pendant le scrutin, annonçant leur intention de demander le recomptage des voix.


En outre, la décision du Haut-Conseil électoral (YSK) de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales, a été perçue par l'opposition comme une manœuvre rendant possibles des fraudes.

La police est restée globalement discrète lors de ces manifestations, tout en mettant en garde contre l'utilisation de slogans jugés insultants.