Les valeurs traditionnelles renvoient aux croyances, codes moraux et coutumes sociales qui sont transmis de génération en génération au sein d'une culture, d'une sous-culture ou d'une communauté. Elles se focalisent en général sur la famille, la communauté, la religion et l'art. Et bien que chaque culture possède sa propre définition des valeurs traditionnelles, il semble exister des principes universels fondés sur l'expérience, et créés dans le but de préserver l'intégrité de sociétés constituées d'un large éventail d'individus aux personnalités et aux intérêts hétéroclites, et de prévenir toute dérive vers le chaos social.

En allant plus loin, ce savoir viscéral est, du moins en partie, façonné par l'évolution ; mais aussi par divers phénomènes psychologiques et psychopathologiques, à travers les interactions au fil des siècles entre notre conscience subjective - individuellement et en tant qu'espèce - et le « monde réel ».

En essence, dès l'aube de l'Humanité, les hommes ont compris que le comportement humain pouvait attirer ou au contraire repousser la colère des dieux.
« Il s'avère que dès l'Antiquité, l'homme comprit qu'il disposait d'un certain contrôle sur sa propre destinée et celle de la société, dès lors qu'il faisait montre d'un comportement vertueux. La théoxénie était un précepte moral. On considérait que chaque individu pouvait potentiellement contribuer, ou au contraire nuire à la prospérité et le bien-être du groupe. Même si certains étaient en mesure de donner davantage que d'autres, chacun avait le privilège et le devoir de contribuer au maximum de ses capacités. Les actes de chaque personne comptaient, et ces actes recevaient une réponse équitable au travers des autres et de l'Univers.

Mais advint la pathologie, qui même si elle ne put changer complètement la nature de l'Homme ou supprimer sa capacité de faire des choix, influença la société et altéra le cours de l'Humanité, du fait de notre acceptation. À mesure que la prise de conscience déclinait, les bonnes intentions furent subverties, et notre intégrité en tant qu'espèce affaiblie. L'espèce humaine est désormais alignée sur l'entropie, et ce que nous choisissons et exprimons déterminera notre sort. Nous avons renoncé à notre responsabilité les uns envers les autres, en tant qu'hôtes et invités, et par conséquent, nous deviendrons les artisans de notre propre destruction.
Le 17 mai 2016, le gouvernement libéral du Premier ministre canadien Justin Trudeau a introduit au Parlement canadien un projet de « Loi modifiant la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel (Bill C-16) » :
Le texte modifie la Loi canadienne sur les droits de la personne afin d'ajouter l'identité de genre et l'expression de genre à la liste des motifs de distinction illicite. Il modifie également le Code criminel afin d'étendre la protection contre la propagande haineuse prévue par cette loi à toute section du public qui se différencie des autres par l'identité ou l'expression de genre et de clairement prévoir que les éléments de preuve établissant qu'une infraction est motivée par des préjugés ou de la haine fondés sur l'identité ou l'expression de genre constituent une circonstance aggravante que le tribunal doit prendre en compte lorsqu'il détermine la peine à infliger.
Pour résumer, lorsque le Bill C-16 sera approuvé, les Canadiens qui refusent la théorie du genre pourraient se voir inculper de crime de haine, condamner à des amendes ou des peines de prison, et contraints de participer à des stages de réhabilitation « anti-préjugés ».

Dans cette intervention au Sénat, Jordan Peterson évoque les multiples problèmes extrêmement sérieux posés par ce projet de loi :


Peterson n'est pas le seul à penser que cette loi est scandaleuse. Par exemple, un membre du Vancouver Rape Relief and Women's Shelter [Maison d'hébergement pour femmes violentées établi a Vancouver - NdT] a déclaré :
Le projet de loi sur les droits des personnes transgenres menace les espaces réservés aux femmes « de naissance »... Si vous êtes née femme, c'est fichu pour vous. »
De façon intéressante, même Theryn Meyer, commentatrice politique, bloggeuse, YouTubeuse, critique culturelle sud-africaine-canadienne et elle-même transexuelle, a interpellé le Sénat et exprimé ses inquiétudes concernant ce projet de loi. D'après elle, le Bill C-16 ne vise pas à protéger les minorités ; au contraire, il s'agit d'un abus de droit qui trahit et exploite les communautés qu'il est censé protéger, et ce, par pur opportunisme politique.


Pour couronner le tout, le tristement célèbre « Pronoun Bill » [Loi sur les pronoms - NdT] a a récemment été voté par la Chambre des communes du Canada : ce projet de loi à la formulation très vague qualifie d'infraction pénale le fait de refuser de s'adresser à un individu en utilisant le ou les « pronoms qu'il s'est choisis ».
Si les transgenres et plusieurs groupes de défense des droits entendus en comité parlementaire ont applaudi le projet de loi, quelques avocats sont venus sonner l'alarme. Selon eux, le projet de loi pourrait mener à l'imposition d'un langage pour désigner les transgenres, en particulier ces pronoms inventés (zim, ze, zir, etc.) que proposent certaines personnes LGBTQ2 pour contourner la binarité sexuelle de la langue.

« Exiger le recours à des pronoms force les gens à utiliser des mots qui ne sont pas les leurs, ce qui implique une croyance en une certaine théorie des genres ou un endossement de celle-ci, a soutenu l'avocat Jared Brown en comité sénatorial la semaine dernière. Si vous êtes en désaccord avec cette théorie, vous pouvez être traîné devant le Tribunal des droits de la personne pour avoir mégenré ou être reconnu coupable de discours haineux. Pour résumer, on se retrouve avec un langage imposé par le gouvernement. »
Il est choquant de constater que le Canada, qui a toujours fait preuve d'un certain bon sens politique, est devenu victime du raisonnement radical pathologique des postmodernes. Et le Canada n'est pas la seule nation à souffrir de cette maladie.

Il semble que nous soyons en train d'observer l'étape finale de l'instauration progressive de ce que l'on appelle la Fenêtre d'Overton.
La fenêtre d'Overton, aussi connue comme la fenêtre de discours, est la gamme d'idées que le public acceptera. Elle est utilisée par les médias polémistes. Ce terme est un dérivé du nom de son auteur, Joseph P. Overton (1960-2003), un ancien vice-président de la Mackinac Center for Public Policy qui, dans sa description de sa fenêtre, a affirmé l'idée que la viabilité politique d'une idée dépend principalement du fait qu'elle se situe dans la fenêtre, plutôt que des préférences individuelles des politiciens.

Selon la description d'Overton, sa fenêtre comprend une gamme de politiques considérées comme politiquement acceptables au regard de l'opinion publique existante, et qu'un politicien peut donc proposer sans être considéré comme trop extrême, pour gagner ou conserver une fonction publique.
Overton a décrit une méthode permettant de déplacer cette fenêtre, de façon à y inclure des idées auparavant exclues, tout en en excluant d'autres auparavant considérées comme acceptables. Cette technique s'appuie sur la promotion délibérée d'idées en dehors de cette fenêtre (ou d'idées situées à la « frange externe ») avec l'intention de rendre acceptables, par comparaison, des idées jusqu'alors considérées comme marginales. Présenter au public des idées marginales - et destinées à le demeurer - permet en fait de préparer le public à accepter les idées que l'on veut réellement promouvoir, lesquelles paraîtront ainsi plus acceptables en comparaison.

Certaines politiques en cours d'instauration dans les démocraties occidentales visent à manipuler l'opinion publique pour lui faire accepter certaines politiques qu'elle considérerait habituellement comme méprisables et inacceptables, en particulier si elles sont parées d'idéaux telles que la « tolérance » et les « valeurs progressistes ».

Voilà qui s'avère un outil parfait entre les mains d'individus pathologiques, qui s'en serviront pour normaliser progressivement la torture et diverses formes de déchéance morale, voire la pédophilie. La popularité de célébrités telles que Miley Cyrus ou Ariana Grande, ou de films tels que Cinquante nuances de Grey, vise à normaliser des comportements sexuels de plus en plus extrêmes et aberrants. Ce processus de déclin moral qui affecte l'Occident semble être en grande partie inconscient.

Le point essentiel ici est que la fenêtre d'Overton peut servir à légaliser tout et n'importe quoi, y compris la pédophilie. D'ailleurs, des démarches ont déjà été entreprises dans ce sens :

Margo Kaplan fait l'apologie de la pédophilie
Mais quel est le rapport avec la philosophie postmoderne ?

Dans son ouvrage visionnaire Postmodernism, Reason and Religion [Postmodernité, raison et religion - NdT], Ernest Geller décrit trois postures idéologiques inhérentes à notre monde contemporain. Récemment, ces postures ont été façonnées en instruments de violence psychologique et physique :
  • le fondamentalisme islamiste,
  • le relativisme postmoderne, et ce que Gellner nomme
  • le « Fondamentalisme séculier des Lumières »
. Son analyse de la Postmodernité, de ses origines, de son développement, de ses partisans et de ses pratiques (si l'on peut dire) est inestimable et permet au lecteur de reconnaître facilement les dilemmes psychologiques caractérisant ce que l'on appelle aujourd'hui la gauche néo-libérale. Gellner écrit :
La postmodernité est un mouvement contemporain. Il est puissant et « tendance ». Par dessus-tout, sa nature n'est pas tout à fait claire. En fait, la clarté ne fait pas partie de ses attributs les plus voyants. En général, non seulement les postmodernes ne font pas preuve de clarté, mais ils la rejettent à l'occasion...

On peut discerner l'influence de ce mouvement sur l'anthropologie, les études littéraires, la philosophie... La notion selon laquelle tout est « textuel », que la matière de base des textes, des sociétés et de presque tout le reste est le sens, que le sens existe pour être décodé ou « déconstruit », que la notion de réalité objective est suspecte - tout cela semble faire partie de l'atmosphère, ou de la brume, au sein de laquelle s'épanouit la postmodernité, ou que la postmodernité contribue à répandre...

La postmodernité semble nettement en faveur du relativisme, pour tant elle est qu'elle soit capable de faire preuve de clarté, et hostile au principe de vérité unique, exclusive, objective, extérieure ou transcendante...

[La postmodernité] est un mouvement qui nie la possibilité même d'une validité et d'une autorité extérieures. Il est vrai qu'elle persiste particulièrement dans ce déni, lorsque l'affirmation contraire d'une telle validation extérieure est émise par des concitoyens, des non-relativistes au sein de leur propre société... la culpabilité ex-coloniale, d'un autre côté, s'abstiendra de faire valoir ce point auprès d'individus appartenant à d'autres cultures. L'absolutisme des autres cultures est vu d'un œil favorable, et est reçu avec une chaleureuse bienveillance qui se rapproche fortement de l'adhésion.

L'une des affirmations les plus intéressantes de Gellner est celle-ci :
Les relativistes-herméneuticiens sont vraiment impatients d'afficher leur tolérance universelle et œcuménique et leur compréhension des cultures étrangères/différentes. Plus elles sont étranges, choquantes et dérangeantes aux yeux des béotiens, de ceux qu'ils considèrent comme les culs-terreux de leur propre société, mieux c'est. Bien mieux, car plus l'Autre est choquant, plus cette compréhension met en exergue la supériorité de l'herméneuticien éclairé au sein de sa propre société. Plus la compréhension est ardue, plus l'objet destiné à recevoir la bénédiction herméneutique est repoussant, plus grands sont l'accomplissement, l'illumination et la perspicacité de l'individu postmoderne interprétatif.
... ce qui montre de quelle façon la doctrine postmoderne peut aboutir à la normalisation de tout et n'importe quoi, y compris d'une pathologie aussi repoussante que la pédophilie. Plus l'acceptation s'avère extrême et dégradante aux yeux de l'individu moyen et de la société en général, plus l'individu postmoderne se considérera comme « éclairé » et « progressiste ».

Écoutez cet avertissement de Jordan Peterson concernant les principes postmodernes suivants :


Il ne fait aucun doute que la postmodernité et les processus qu'elle utilise pour induire et renforcer les « tendances à la sélection et à la substitution subconscientes de données conceptuelles » relèvent tout bonnement du nihilisme {le rejet de tout principe religieux et moral, fondé sur la croyance selon laquelle la vie n'a pas de sens}. L'ouvrage d'Hervey Cleckley, Caricature of Love, souligne également le fait qu'à l'origine, le mouvement de la « gender fluidity » n'est ni plus ni moins que de la « psychopathie appliquée ». Un autre visionnaire de notre société tenta également de nous avertir : Andrew Lobaczewski. D'après son ouvrage, Ponérologie politique :
Au cours des périodes stables en apparence heureuses — bien que marquées par des injustices à l'égard de certaines personnes et de certains pays - les individus doctrinaires sont persuadés d'avoir découvert une solution simple pour « réparer » le monde. Ces périodes historiques sont toujours caractérisées par une vision du monde psychologiquement appauvrie ; une vision du monde schizoïdement appauvrie ne ressortira donc pas du lot et sera acceptée pour argent comptant au cours de ces périodes « fastes ». Les individus doctrinaires manifestent typiquement un certain mépris envers les moralistes qui prêchent un retour aux valeurs humaines perdues et le développement d'une vision psychologique du monde plus riche et plus appropriée.

Les caractères schizoïdes ont le désir d'imposer leur propre conception du monde aux autres individus ou groupes sociaux, par le biais d'un égotisme pathologique relativement maîtrisé et d'une ténacité exceptionnelle innée. Ils sont donc capables de subjuguer la personnalité d'autres individus, dont le comportement deviendra alors désespérément illogique. Ils peuvent aussi exercer une influence similaire sur le groupe qu'ils ont rejoint. Ce sont des solitaires psychologiques qui se sentent plus à l'aise au sein d'une organisation, où ils défendront une idéologie jusqu'au fanatisme, deviendront des bigots, des matérialistes ou encore des satanistes. Quand leurs activités les mettent en contact direct avec un petit groupe social, leur entourage les perçoit généralement comme des excentriques, ce qui limite leur rôle ponérogénique. Cependant, s'ils parviennent à dissimuler leur personnalité réelle derrière la parole écrite, leur influence peut empoisonner la psyché d'une société entière, à grande échelle et pour une période indéterminée.
En parlant de visions du monde schizoïdement appauvries...


En contraste avec les sociétés occidentales, la Russie de Vladimir Poutine a pris des mesures très claires pour protéger sa population de ce genre d'immondices postmodernes. Malgré ce que prétend la propagande médiatique occidentale, les mesures politiques russes ne visent pas à accroître l'influence du christianisme orthodoxe ou à persécuter les homosexuels, mais à s'assurer que la société russe et les valeurs sur lesquelles elle repose depuis des centaines de générations soient sauvegardées pour les générations futures. Comme l'explique Jordan Peterson :
« Si aucune valeur sacrée n'existe, alors l'homme est une page blanche. On peut écrire absolument tout et n'importe quoi sur une plage blanche. Par contre, s'il existe une nature humaine universelle, alors certaines idées sont mauvaises, et leur mise en application conduira à la catastrophe. Les preuves sont sous nos yeux : des millions de gens sacrifiés sur l'autel des valeurs des dictateurs du XXe siècle. Tout ne peut pas être simplement remis en question et réorganisé, d'une façon purement rationnelle. La pensée elle-même doit avoir un maître...

Alors, qu'est-ce qui doit être sacré, au minimum ? La Mère, le Père et l'Individu. Il est du devoir de chaque société, de chaque individu, de respecter ces figures, en esprit, en pensée et dans les actes. Quand ce principe est correctement appliqué, les grandes forces de l'être sont maintenues en équilibre, et l'individu, la société et la nature prospèrent de concert. Autrement, c'est le chaos, l'enfer - et cet enfer finit par avaler les petits paradis que l'on pourrait trouver sur Terre. »
Pour d'autres exemples de la dépravation postmoderne, lisez ces articles de Pierre Lescaudron :
  • L'éradication de la beauté ou la destruction de l'art
  • Maman, pourquoi papa porte-t-il une robe ? Papa, pourquoi maman a-t-elle une moustache ?
  • De la croyance chrétienne au vide nihiliste


  • Pour conclure, il est important de souligner que « respect des valeurs traditionnelles » ne veut pas dire « stagnation » ou « fanatisme ». Il y a une issue, un moyen d'évoluer en tant que société et en tant qu'espèce, tout en respectant les principes universels et les valeurs morales, et en renforçant sans cesse nos défenses contre la pathologie.
    La vie, c'est en essence la croissance ; mais qu'est-ce que la « vie », si ce n'est les relations que nous entretenons avec les autres ? Et donc, que signifie croître/grandir dans la vie, si ce n'est faire croître nos relations avec les autres ? Mais comment y parvenir ? Peut-être en combinant des mondes intimes autrefois uniques, en les intégrant à quelque chose de plus grand que la somme de ses parties, quelque chose qui puisse créer ou attirer une nouvelle vie ou un nouveau monde via la concentration et l'union de ces réalités intimes qui, par elles-mêmes, n'auraient ni la force ni le pouvoir de le faire. En outre, bien sûr, ce processus doit impliquer une vision de la réalité qui non seulement soit partagée, mais qui surtout résonne avec une réalité objective, ou avec les forces supérieures de la nature, c'est-à-dire une création objective de la réalité à grande échelle.