L'organisation Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport dénonçant un durcissement de l'attitude de la police française près de Calais suite au démantèlement du campement des migrants fin 2016. François Guennoc, vice-président de l'association L'Auberge des migrants, a confirmé « à 100% » les faits rapportés par HRW.
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Les forces de l'ordre à Calais
Ces derniers temps, les policiers français utilisent souvent du gaz poivre contre les migrants se trouvant à Calais, mais aussi contre les bénévoles qui y travaillent, a confirmé mercredi à Sputnik François Guennoc, vice-président de l'association L'Auberge des migrants.

« La police a pour consigne de décourager les gens d'être là. Il y a une grosse pression sur les migrants, des policiers qui se lâchent et qui envoient du gaz lacrymogène directement dans les yeux, qui enlèvent les affaires personnelles, etc. Les migrants sont soumis à cela et parfois même quelques bénévoles », a indiqué M.Guennoc.


L'organisation Human Rights Watch (HRW) a publié mercredi un rapport sur les abus policiers contre les migrants à Calais après le démantèlement du campement des migrants baptisé la Jungle fin 2016.

Selon M.Guennoc, cette situation, qui existe depuis le début de 2017, s'est aggravée en avril avant de se relâcher à l'approche de la décision du tribunal administratif de Lille saisi en juin par 11 associations et 50 migrants. Les plaignants ont protesté contre l'usage de gaz poivre contre les migrants, y compris pendant leur sommeil, et ont demandé au juge d'exiger des autorités le minimum d'humanité, disparue après le démantèlement de la Jungle.

Toutefois, les choses ont de nouveau empiré ces derniers jours et le préfet du Pas-de-Calais refuse de reconnaître l'existence du problème, mais se range plutôt du côté de la police, note M.Guennoc.
« Le préfet en fait trop [...] il devrait reconnaître quand même qu'il y a des bavures et risques de bavures et s'en inquiéter. Il ne le fait pas du tout et soutient à 100% ces forces de police », a-t-il indiqué.
Frédéric Baland, délégué du syndicat de police nationale Alliance, interrogé par Sputnik, défend la position des forces de l'ordre. Selon lui, les accusations portées par les migrants, HRW et notamment par l'association L'Auberge des migrants ne sont qu'un coup de pub.


« Ce que sous-entend cette association, c'est que la hiérarchie est au courant et laisse faire. C'est du n'importe quoi. On ne parlait plus trop de Calais dans les médias ces derniers temps, ni du problème migratoire dans le calaisien, c'est un petit coup de pub qui va permettre de refaire parler de ça pendant quelques jours », a-t-il affirmé.

Selon M.Baland, les policiers sont là également pour assurer la sécurité des migrants.

« Malheureusement, nous avons l'habitude de telles accusations. On accuse tous les policiers de la région une fois de plus d'être violents. Je vois mal un policier gazer volontairement un migrant alors qu'il n'a rien fait [...]. Le policier est toujours mis en ligne de mire. C'est fatiguant », a-t-il déclaré.

François Guennoc, vice-président de L'Auberge des migrants, reconnaît que les policiers sont las des problèmes qu'apporte la présence des migrants dans la région de Calais. Mais cela ne justifie pas les violences, d'après lui.

« Quand on discute avec les policiers, on se rend compte en effet d'une forme de lassitude. Mais cette lassitude ne peut pas se transformer en violence. On ne peut pas être d'accord », a conclu M.Guennoc.