L'homme de 26 ans qui a tué au couteau une personne et en a blessé plusieurs autres vendredi 28 juillet à Hambourg, en Allemagne, était connu des forces de police en tant qu'islamiste, a révélé le 29 juillet, le ministre de l'Intérieur de la ville, Andy Grote
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La police qui connaissait le radical
Selon lui, en revanche, rien ne laissait croire que l'assaillant était un djihadiste. L'élu a encore souligné qu'à ce stade, certaines indications laissaient croire à des motivations islamiste, mais que l'agresseur souffrait aussi de problème psychologiques.

Un porte-parole de la police a précisé « ne pas pouvoir confirmer » en l'état que l'agresseur était un islamiste. « Nous enquêtons dans toutes les directions », a-t-il dit.

Le quotidien berlinois Tagesspiegel, citant des sources proches des services de sécurité, affirme que l'agresseur, né en 1991, était connu de la police comme un islamiste et était arrivé dans le pays comme réfugié. Selon plusieurs témoins l'agresseur a crié à plusieurs reprises « Allah Akbar » lors des faits.

La police a également revu légèrement à la hausse le bilan de l'attaque, soulignant qu'en plus de la personne décédée, six personnes avaient été blessées, dont certaines grièvement.


Changement

Il s'était récemment vêtu d'habits religieux musulmans, récitait des sourates du Coran dans son foyer et avait changé, selon les autorités locales.

Le ministre local de l'Intérieur a fait état, à ce stade de l'enquête, de liens avec des motivations religieuses, islamistes pour le passage à l'acte.

Mais dans le même temps, il a aussi parlé d'une instabilité psychologique de l'homme. En fin du compte la situation reste confuse et il n'est pas encore possible de savoir lequel des éléments a constitué l'élément déclencheur, a souligné Andy Grote.

Suite à un signalement à la police sur sa radicalisation, l'assaillant, arrivé en 2015 en Allemagne comme demandeur d'asile, avait reçu la visite de policiers. Ces derniers n'avaient pas décelé toutefois de danger immédiat de passage à l'acte.


Commentaire : Il était radicalisé donc potentiellement dangereux mais la police n'a absolument rien fait. Bien.


Une chose paraît établie: il a agi seul vendredi. « Il n'y a pas d'éléments sur l'existence d'un réseau », a souligné une responsable de la police locale.

L'homme a d'abord fait irruption dans un supermarché, a volé un couteau de cuisine avec une lame de 20 centimètres et s'est jeté sur un homme de 50 ans en le poignardant mortellement. L'homme a ensuite blessé deux autres clients à l'intérieur du magasin puis a pris la fuite dans la rue, où il a encore blessé à coups de couteau plusieurs passants.

La politique migratoire remise en question

Sur le plan politique, les interrogations autour de l'accueil des migrants ressurgissent dans le pays, qui a accueilli plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015. Angela Merkel se voit depuis accusée par la droite nationaliste d'avoir fait entrer des djihadistes en puissance en Allemagne.

Débouté de sa demande, l'agresseur de Hambourg n'avait pu être reconduit à la frontière.

« Il s'agit manifestement d'un étranger en instance de départ mais qui ne pouvait pas être expulsé parce qu'il n'avait pas de documents d'identité », a expliqué le maire de Hambourg Olaf Scholz.

Politiquement, ce point est délicat pour les autorités allemandes, dans un contexte chargé du fait de la proximité des élections législatives du 24 septembre, où Angela Merkel briguera un quatrième mandat.

Le lien a commencé en effet à être fait en Allemagne avec l'attentat djihadiste au camion-bélier contre le marché de Noël à Berlin en décembre ayant fait 12 morts.

Il avait été commis par un demandeur d'asile tunisien, Anis Amri, qui était dans une situation juridique identique : débouté mais non expulsable car sans documents en règle.

Le maire de Hambourg a réclamé un nouveau tour de vis. « Il est urgent que ce type d'obstacles pratiques et juridiques aux expulsions soient levés »", a-t-il dit.