Derniers attentats en date d'une longue série, deux attaques ont touché presque en même temps les communautés sunnite et chiite d'Afghanistan. Après une première moitié 2017 marquée par une baisse de la violence, le terrorisme regagne en puissance.
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© Ahmadi - AFP
Le site de l'attentat-suicide du 17 octobre à Garez, en Afghanistan.
Les Afghans ont encore payé un lourd tribut de la situation chaotique dans leur pays. Près de 60 personnes ont été tuées ce 20 octobre 2017 dans deux attentats en Afghanistan, l'un visant la minorité chiite à Kaboul, l'autre une mosquée sunnite dans le centre du pays - deux attaques meurtrières qui clôturent une semaine sanglante à travers le pays.

Au moins 39 personnes ont été tuées et plus de 45 blessées dans une attaque suicide à Kaboul, quand un homme armé arrivé à pied a ouvert le feu parmi la foule de fidèles avant de déclencher son engin explosif, selon les éléments recueillis auprès des services responsables par l'AFP. « Un homme armé a pénétré dans la mosquée du district 13 [ouest de Kaboul] et ouvert le feu sur les pèlerins », a déclaré le général Salim Amas de la police criminelle. L'homme a ensuite fait exploser sa charge au milieu de la foule compacte, dans ce quartier a majorité chiite.

Parallèlement, une mosquée, sunnite cette fois, était visée dans la province de Ghor, dans le centre du pays, faisant au moins 20 morts et 10 blessés, selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur Najib Danish. Le gouverneur du district où s'est produite l'attaque, Mohsen Danishyar, a évoqué un bilan de 30 morts mais a toutefois exclu une attaque à caractère sectaire. Selon lui, la cible visée était un commandant de police de cette province excentrée du pays, la plus vaste mais aussi l'une des plus pauvres et des plus conservatrices.

Séquence sanglante en Afghanistan

Les attentats de Kaboul et de Ghor surviennent au terme d'une semaine particulièrement meurtrière en Afghanistan avec trois attaques majeures les 17 et 19 octobre, contre des bases ou des enceintes des services de sécurité. Cette série d'attaques avait obligé les autorités, de concert avec les dirigeants religieux, à renforcer la protection des mosquées chiites pendant les célébrations de l'Achoura.

Au terme d'une campagne au printemps et en été peu conséquente sur le plan militaire, les Taliban ont accentué leur pression, faisant plus de 120 tués et plus de 230 blessés, selon les bilans officiels, parmi les soldats et policiers afghans, dont les complexes ont été attaqués dans le Sud-est et le Sud du pays par des véhicules de transports militaires de type Humvee bourrés d'explosifs.

L'attaque de ce 20 octobre n'a fait l'objet d'aucune revendication, mais l'organisation terroriste Daesh, composé d'extrémistes sunnites et présent en Afghanistan depuis 2015, a revendiqué la plupart des derniers attentats anti-chiites.