Tout le monde a réagi à l'annonce de faire de Jérusalem la capitale d'Israël. Pourtant tous savaient que cela allait se produire. Les investigateurs de cette démarche savaient aussi que cela entraînerait des réactions adverses et que la violence allait s'accroître entre Palestiniens et Israël. Alors pourquoi ce choix ?
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© Sputnik. Erhan Demirtaş
Ils disent non
La promesse de Trump s'est donc réalisée : Jérusalem est maintenant capitale d'Israël. Déjà en 2016 on en parlait :
C'est une promesse vivement dénoncée par les Palestiniens. Lundi, ces derniers critiquent la promesse électorale du républicain Donald Trump. Le candidat promet de reconnaître Jérusalem comme la capitale indivisible d'Israël s'il est élu à la présidence américaine. « Cette déclaration méprise le droit international et la politique menée de longue date par les États-Unis au sujet du statut de Jérusalem, notamment l'occupation et l'annexion illégale de Jérusalem-Est », la partie palestinienne de Jérusalem, s'est ému le numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erakat, dans un communiqué.

Source : Le Point
Tout en méprisant le droit international (mais n'oublions pas que les USA ont toujours méprisé ce droit ainsi qu'Israël en faisant de la Palestine un grand et large camp de concentration) Jérusalem est devenue capitale d'Israël. Les cris et les manifestations n'y changeront rien. Depuis quand les dirigeants de ce monde écoutent les victimes de ces décisions qui risquent d'apporter plus de chaos dans une région qui est déjà au bord de la catastrophe ?

D'autres pays ont lancé un cri d'alarme à cette décision qui survient juste avant les Fêtes de la Nativité. Cela se passe aussi juste quand le monde entier est témoin que la guerre en Syrie est presque terminée, et cela grâce aux forces russes qui ont aidé les Syriens à se battre contre Daesh.

A ce propos voici une vidéo où Poutine informe sur la situation en Syrie, la lutte menée contre Daesh, le désir d'apporter harmonie et respect pour toutes les religions montrant ainsi l'exemple de ce qui doit être fait pour arriver a la paix :


Quoi qu'il en soit, vient-on d'ouvrir une boîte de Pandore pour permettre plus de contrôle de la population en général, plus de violence ? N'a-t-on pas insinué que cette décision sur la ville de Jérusalem pourrait entraîner plus d'attaques terroristes et cela même en Amérique ?
Le groupe terroriste Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), basé au Yémen, a assuré le 7 décembre que la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, était le fruit « d'étapes de normalisation » entre certains pays arabes du Golfe et Israël. Al-Qaïda a réaffirmé son soutien à la cause palestinienne, décrivant l'action récente de Washington comme « un vrai défi pour le monde musulman ».

Source : RT
Toutefois, quand on sait qui pilote Al-Qaïda en sous-main, il se pourrait bien que cette déclaration, bien modérée, ne soit que de la communication.

Est-ce une bavure que Trump vient de faire ou simplement un plan dont les vraies raisons nous sont encore inconnues ?

Selon Son Excellence Ali Akbar Velayati, principal Conseiller en relations internationales du Guide de la République Islamique d'Iran, Trump aurait les mains liées et les décisions prises à Washington viendraient de l'État profond :
Persuadé par la brillante campagne qu'il a menée pour être élu que Donald Trump est un homme intelligent qui a compris les nouveaux rapports de force dans le monde (voir mon analyse en PJ) et que l'intérêt des Etats-Unis consistait à les prendre en compte et à parler avec les nouveaux pôles de puissance en cessant les interventions militaires récurrentes, onéreuses en hommes et en argent, je ne peux comprendre ses revirements catégoriques depuis son installation à la Maison-Blanche que par le fait qu'il n'est pas libre de mener la politique qu'il préconisait : il est menacé par des forces souterraines mais puissantes au minimum d'être destitué s'il n'obéit pas. Ces revirements brutaux, comme le bombardement de la base de Sheirat le lendemain même d'une attaque chimique à Khan Sheilkum imputée évidemment à l'armée syrienne sans la moindre enquête sur le terrain, quelques semaines après son intronisation à la Maison-Blanche, en était la preuve, tant elle contredisait sa volonté affichée pendant la campagne de s'entendre avec les Russes pour mettre un terme à la guerre en Syrie.

Source : Mondialisation.ca
Au-delà de cette faute grave d'avoir fait fi du droit international, les USA semblent continuer dans leur idée de diviser pour régner, diviser pour causer du chaos dans leur idée de guerre éternelle et aussi de continuer cette mascarade du clash des civilisations. De cette façon ils ont l'intention de continuer leur gouvernance. Pour combien de temps encore ?


Tant que les Palestiniens seront bafoués, tant qu'ils seront traités comme des prisonniers sur leur terre, la paix dans la région n'est pas possible. Jérusalem n'est que la pointe de l'iceberg qui cache un lent génocide dont personne, il semble, ne veut regarder en face. Comme le dit si bien Illan Pappé, auteur de l'ouvrage "La plus grande prison sur terre : Une histoire des territoires occupés, une étude circonstanciée de l'occupation israélienne" :
Le soi-disant processus de paix a permis à Israël de poursuivre sa colonisation, mais cette fois avec le soutien international. Je suggère donc de parler de décolonisation, pas de paix. Je suggère de discuter d'un changement de la législation qui régit la vie des Israéliens et des Palestiniens.

Je pense qu'il faut parler d'un état d'apartheid. Il faut parler de nettoyage ethnique. Il faut trouver par quoi remplacer l'apartheid. Nous avons un bon modèle avec l'Afrique du Sud. Le seul moyen de remplacer l'apartheid est un système démocratique. Une personne, une voix, ou, au moins, un état bi-national. Je pense que c'est ce vocabulaire qu'il faut se mettre à utiliser, parce que si nous continuons à utiliser les anciens mots, nous continuerons à perdre notre temps et nos forces sans changer la réalité sur le terrain.

Source : Mondialisation.ca
L'idée de Trump est dès lors de peut-être uniquement essayer de faire bouger les lignes. A la vue de comment il a agi jusqu'à présent, il n'est pas sûr qu'il ait un plan, il se pourrait qu'il ne se fie qu'à son instinct, quitte à ce qu'il y ait des pots cassés. Au final c'est Israël qui risque de faire les frais de déchainements de violence. On peut même se demander si ce n'est pas l'arrêt de mort de ce pays qui vient d'être signé. Trump aurait-il vu là un moyen de payer sa dette aux électeurs auxquels il avait fait cette promesse tout en donnant un petit coup de coude mortifère à ce pays ?