En exclusivité pour RT, le ministre russe des Affaires étrangères a évoqué les dossiers chauds de l'actualité. Il a notamment abordé le rôle de Washington en Syrie, la crise nord-coréenne ou le traitement réservé à RT en France et aux États-Unis.

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Sergueï Lavrov

Les États-Unis entraînent d'anciens terroristes en Syrie ? « Troublant », pour Lavrov


Évoquant la situation en Syrie, dont la majorité du territoire a été libérée des djihadistes de Daesh, le chef de la diplomatie russe a fait part de son inquiétude : « Les informations affirmant que certaines bases américaines en Syrie ont commencé à entraîner des combattants, y compris d'anciens membres de groupes terroristes, sont évidemment troublantes. »

Il faisait référence à un communiqué publié début décembre par le Centre russe pour la réconciliation en Syrie, accusant, sur la base de témoignages de réfugiés locaux, la coalition menée par Washington de créer une « Nouvelle armée syrienne » avec d'anciens militants de Daesh et du groupe terroriste Front al-Nosra, dans le nord-est de la Syrie.

Abordant plus généralement les interventions militaires américaines, Sergueï Lavrov a encore déclaré : « Nous sommes préoccupés par les tentatives de détourner à d'autres fins les missions anti-terroristes qui doivent être les mêmes pour tous, coordonnées et sans deux poids deux mesures. » Le ministre des Affaires étrangères a ajouté que ces missions ne devraient pas servir à promouvoir d'autres buts, comme par exemple « remplacer les régimes qui déplaisent ».

Liberté de la presse : « J'espère ne pas être sanctionné pour avoir accordé cette interview à votre chaîne »


Abordant les mesures visant les médias russes, et en particulier RT qui a été forcé de s'enregistrer aux États-Unis comme « agent étranger » selon une loi datant de 1938, Sergueï Lavrov a estimé qu'elles contrevenaient « totalement à toutes les normes et principes du journalisme, de la liberté de parole et d'expression ».

l a précisé que Moscou s'opposait à cette conception selon laquelle «il y aurait un groupe de journalistes élu, dont les droits doivent être défendus [par les États-Unis et les pays occidentaux], et un autre groupe laissé de côté».

Il a ensuite rappelé que les États-Unis n'étaient pas le seul pays à s'en prendre aux médias russes, rappelant qu'en France, les équipes de RT n'avaient pu se rendre au quartier général d'Emmanuel Macron pour y couvrir l'élection, au premier comme au deuxième tour.

Le chef de la diplomatie a également cité l'Angleterre où les médias russes seraient « considérés comme des traîtres aux intérêts du Royaume » mais aussi l'Ukraine qui interdit « tous les médias russes, y compris les chaînes pour enfants ».

« J'espère ne pas être sanctionné pour avoir accordé cette interview à votre chaîne », a-t-il encore ironisé

Corée du nord : appel au « dialogue »


Sur la question de la crise entre Washington et Pyongyang, Sergueï Lavrov a affirmé : « Je pense que personne de censé n'aimerait lancer une guerre dans la péninsule coréenne. Des experts et responsables, non seulement russes, mais également américains, ont fait part de leur évaluation des conséquences [d'un conflit], notamment d'énormes pertes humaines. »

Estimant que Washington tentait par les sanctions « d'étrangler la Corée du nord », le chef de la diplomatie russe a rappelé la proposition sino-russe de « double-gel » comprenant la fin des essais nord-coréen et des exercices militaires conjoints des États-Unis et de la Corée du Sud dans la région. « Or, les États-Unis ont répondu qu'il était légitime de mener des exercices militaires », a déploré Sergueï Lavrov, appelant à ouvrir le dialogue entre Washington et Pyongyang.