La saison est assurée dans les Alpes et ça faisait des années que l'on n'avait pas vu autant de neige. Vendredi, sous le soleil retrouvé après les tempêtes, les skieurs s'en sont donné à cœur joie.
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© LP/OLIVIER ARANDEL
Val-Thorens, vendredi. Comme de nombreux skieurs, Cathy et Nico, venus de Caen (Calvados), n’ont pas boudé leur plaisir.
« Quel bel hiver ! » Quand les dépressions se succèdent et que le ciel joue les irréductibles grincheux, on a plutôt tendance à faire grise mine. André Plaisance, lui, ne boude pas son plaisir. Surtout depuis vendredi, alors que le soleil illumine les cimes couvertes de neige des Belleville (Savoie). L'élu local, qui chapeaute les stations des Ménuires et de Val-Thorens, le sait : à part un redoux majeur ou des semaines de pluie à haute altitude, la saison de ski est sauvée. Depuis le début du mois de décembre, pas moins de 7 m de neige cumulés ont recouvert le massif. Soit autant que ce qu'il était tombé au cours de toute la saison précédente.

La semaine dernière, l'élu n'en menait pourtant pas large quand il a dû appeler les touristes à rester confinés chez eux à cause des intempéries et que la route d'accès aux stations était bloquée. Mais le soleil est revenu et, avec lui, le sourire sur le visage de skieurs. « C'est extraordinaire et je pense que c'est notre meilleure semaine depuis des années », s'enthousiasme Cathy, originaire de Caen (Calvados). « La neige est excellente partout, au sommet comme en bas des pistes, renchérit son mari Nico. C'est de la puff (NDLR : de la poudreuse) comme on aime car elle ne se transforme pas en soupe. »

Traces de loup

Comme nombre de skieurs de la vallée, Michel, retraité dans deux mois, n'a pas résisté à faire le voyage depuis L yon pour venir goûter au plaisir de cette neige « belle, fraîche et froide ». Même les amateurs de raquette n'en reviennent pas. A l'image de Claudine, Pierre et Jean. Originaires de Nancy (Meurthe-et-Moselle), ils sont plutôt habitués aux balades dans les Vosges. « De la neige comme ça, je n'en avais jamais vu en soixante ans de pratique, assure Claudine. C'est vrai qu'on a beaucoup entendu les tirs de dynamite ces derniers jours pour prévenir les avalanches mais les paysages sont magnifiques et on a même pu observer des traces de loup. »

Prof de raquette aux Belleville, Aurélien savoure la qualité de la « poudreuse, légère comme on peut en avoir en Sibérie ou en Laponie. C'est un hiver assez exceptionnel, reconnaît ce professionnel de la montagne. Comme la neige est tombée beaucoup plus bas que d'habitude, on en profite pour faire des balades dans les grandes prairies de fauche, près des rivières. »

Née en 1973 et patronne du bar le Setor, Géraldine se souvient : « C'était tout le temps comme ça quand on était gosses. » Mais le réchauffement climatique est sans doute passé par là et avec lui sa succession d'hivers trop doux et trop secs pour blanchir les stations les plus basses. « Normalement, il y a 3 m de vide sous la terrasse de mon restaurant, explique-t-elle en pointant du doigt la balustrade. Cette année, la neige arrive à ras bord. » Et Géraldine n'a sans doute pas fini de déneiger. « On devrait avoir du soleil jusqu'à dimanche mais, ensuite, ça retourne au mauvais la semaine prochaine. » Les touristes qui ont réservé pour les vacances de février se frottent déjà les moufles.