Nice teste depuis le 15 janvier Reporty, une application développée en Israël par la start-up de l'ancien Premier ministre Ehud Barak, dont l'objectif affiché est de faire gagner du temps aux autorités. Son principe est simple : lorsqu'une personne est témoin d'une incivilité, il lui suffit de lancer l'application et de filmer la scène avec son smartphone.
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© Inconnu
Toutes les informations - image, son et géolocalisation de l'utilisateur - sont alors transmises en direct au centre de vidéosurveillance de la police municipale. Cette dernière peut ainsi cibler les caméras sur la zone et dépêcher une patrouille sur place.


« Chacun d'entre nous doit devenir un citoyen engagé acteur de sa propre sécurité, et donc de la sécurité collective », a justifié le 12 janvier Christian Estrosi, le maire Les Républicains de Nice, en présentant l'application qualifiée de « révolutionnaire » et dont il envisage le déploiement « à grande échelle ».

« En toute discrétion, les utilisateurs nous enverront des images pour que nous puissions réagir immédiatement », a-t-il encore expliqué, dans des propos rapportés par France Info le 15 janvier. « Plus il y aura de citoyens actifs qui s'impliqueront, plus nous réussiront à surprendre, intervenir, prévenir et intercepter », poursuit-il.

Le maire de Nice a donné trois exemples lors desquels l'application pourrait être utilisée : lorsqu'une fourgonnette décharge sur la voie publique de l'électroménager usagé, lorsqu'un cycliste est renversé, ou encore lorsqu'un maraudeur lorgne sur des voitures en stationnement.

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© SEBASTIEN NOGIERReporty : surveiller et surveillé
Un projet polémique

Ce projet est loin de faire l'unanimité, en premier lieu dans les rangs de l'opposition municipale socialiste. Cette dernière a immédiatement dénoncé « une démarche contestable sur le fond et inadmissible sur la forme [...] qui ressemble à l'organisation d'un processus de délation généralisé ».



« On voit que le maire [de Nice, Christian Estrosi] ne se gêne pas d'expliquer à quel point c'est utile pour instaurer la délation dans toute la ville », a de son côté réagi Benjamin Sonntag‏, cofondateur du site la Quadrature du Net au micro de France Info. Fervent défenseur de la vie privée sur internet, Benjamin Sonntag‏ s'est en outre demandé si l'application allait « respecter les directives européennes » dans ce domaine.

A l'heure actuelle, Reporty est testé par 2 000 personnes, des agents de la ville de Nice, des comités de quartier ou encore, des membres du réseau « Voisins vigilants ». La mairie a précisé qu'ils avaient reçu un manuel de déontologie en même temps que l'application, et a annoncé qu'un bilan serait fait au bout de deux mois.