Des attaques ont visé dans la matinée du 2 mars l'ambassade de France à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, l'Institut français et l'état-major général des armées burkinabè. Ces actions ont un « relent terroriste très fort », a déclaré le ministre burkinabè de l'Information, Rémis Fulgance Dandjinou, à la télévision publique RTB. Il a en outre précisé que huit assaillants avaient été abattus.
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Le bilan définitif est encore loin d'être établi : selon des sources sécuritaires françaises citées par l'AFP, au moins une trentaine de morts seraient à déplorer. Mais le dernier bilan des attaques donné par le ministre burkinabè de la Sécurité, Clément Sawadogo, fait état de huit morts, toutes membres des forces de l'ordre, et de plus de 80 blessés.

Dans un tweet, en fin de matinée, l'ambassadeur de France au Burkina-Faso avait appelé « tous [s]es compatriotes [à] rester dans un endroit sûr ». L'ambassade avait confirmé à l'AFP que l'Institut français et l'ambassade de France avaient été prises pour cible par les assaillants.


L'attaque a été qualifiée de « terroriste » sur Twitter par l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, Jean-Marc Châtaigner.


Un correspondant de l'AFP sur place a entendu des échanges de tirs intenses et vu un véhicule, celui des assaillants selon des témoins, en feu sur la chaussée. Des unités de gendarmerie et de l'armée se déployaient sur les lieux, a également constaté ce correspondant, alors que de nombreuses images étaient relayées sur les réseaux sociaux.


De nombreux témoins ont fait état de tirs nourris.


D'autres témoignages évoquent une explosion près de l'état-major des armées burkinabè et de l'Institut français, à environ un kilomètre de cette première attaque, toujours dans le centre de la capitale.

La police locale a confirmé, dans un communiqué, que des hommes masqués et armés avaient pris pour cible l'entrée du quartier général de l'armée. Clément Sawadogo a précisé qu'un « véhicule bourré d'explosifs » avait frappé l'état-major, faisant « d'énormes dégâts ». « Il y avait une réunion sur le G5 Sahel [...] peut-être qu'elle était visée », a également déclaré le ministre lors d'un point presse.

Une nouvelle attaque terroriste au Burkina Faso

Aux alentours de midi, l'entourage de Jean-Yves Le Drian a déclaré à l'AFP que la situation était « sous contrôle » à l'ambassade de France et à l'Institut français.


Vers 15h20, une source diplomatique française citée par l'AFP a confié qu'aucune victime française n'était à déplorer. En outre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « tentative d'assassinat terroriste », selon l'agence de presse.

A plusieurs reprises, la capitale du Burkina Faso a récemment fait l'objet d'attaques djihadistes visant des cibles fréquentées par les Occidentaux. Le 13 août dernier, deux assaillants avaient ouvert le feu sur un café-restaurant, le Aziz Istanbul, situé sur la principale avenue de la capitale, faisant 19 morts et 21 blessés. L'attaque n'avait pas été revendiquée.