Leana Bonilla Cruz

Leana, 19 ans, était arrivée à Lyon en août 2017 pour y suivre des études de littérature. Twitter
Sa mère, venue du Nicaragua, a porté plainte contre l'hôpital. Qui estime que la prise en charge a été correcte.

Une complication d'otite peut conduire à la mort. C'est la tragique nouvelle que des médecins lyonnais ont dû apprendre à Carolina Cruz, arrivée en urgence de Managua (Nicaragua). Sa fille Leana Bonilla Cruz est décédée le 23 février des complications d'une otite, selon Le Progrès de ce dimanche.

Carolina Cruz a porté plainte contre homicide volontaire contre l'hôpital Edouard-Herriot. Car sa fille Leana, âgée de 19 ans, était venue deux fois aux urgences de ce même hôpital. Son état s'aggravait. L'étudiante nicaraguayenne, venue suivre des études de littérature à l'université Lyon 2, souffrait d'une otite qui a créé un abcès au cerveau. Celui-ci n'a pas été diagnostiqué et sa maman veut des sanctions.

Le 9 février, Leana se présente aux urgences. Elles sont en grève depuis une semaine mais le personnel est présent car assigné. La jeune fille souffre d'une otite simple et d'une fièvre de 39°, révèle au Progrès le professeur Karim Tazarourte, chef du service des urgences d'Edouard-Herriot. On lui prescrit des antalgiques et des antibiotiques et Leana rentre chez elle. Le 11, une amie demande à un médecin s'il est toujours normal que Leana souffre autant. « On lui a répondu que l'état de santé de Leana était normal et qu'il fallait attendre un délai de 5 jours pour que le traitement fasse son effet », rapporte Carolina Cruz. Leana passe toute la nuit à vomir. Son amie la raccompagne aux urgences le 12 février, à 10 heures. L'infirmière qui l'examine « dans la demi-heure », selon le professeur, évalue son état en « tri 4 », soit non urgent.

Les deux amies attendront huit heures, affirme la maman de Leana, un délai conforme à un jour de grande affluence. Le médecin « senior expérimenté » qui l'examine en fin de journée, selon le professeur Tazarourte, ne trouve rien d'anormal : la température a baissé, elle ne vomit plus et l'examen neurologique et la pression artérielle étaient normaux.

Mais, après un répit de 24 heures, l'état de l'étudiante s'aggrave de nouveau. Sur Twitter, le 17 février, la jeune poétesse écrit en anglais : « j'ai passé la journée de vendredi aux urgences, ils n'ont même pas pris la peine d'essayer de m'aider. Ils m'ont juste donné les médicaments auxquels ils pensaient ». Elle explique ensuite qu'une amie a eu la « belle idée » de lancer une collecte de fonds sur Internet « pour que maman puisse venir, et arrêter mes hallucinations, la douleur et les vomissements ». La cagnotte, close, a permis de récolter 2 852 €.
Spent Friday nullER, where they didn't even bother to try and help
Just gave me whatever meds they thought of. @bell_xiv had the beautiful idea of starting this so mom can come w me & stop my hallucinations and pain and vomits. https://t.co/UDTCDnf8Ja
Anything means everything.

— Lena (@lena_natural) February 17, 2018
Comme elle ne parvient plus à se lever, ses amis affolés appellent les pompiers le 21. Leana est transportée dans le coma aux urgences. Deux jours plus tard, son décès est constaté en service de réanimation. L'autopsie révélera qu'elle a succombé à une hypertension intracrânienne due à un abcès général.

Au Nicaragua, les amis de Leana se sont mobilisés pour récolter les quelque 3 000 $ américains permettant à la famille Cruz de rapatrier le corps de la jeune fille. Pour l'instant, sa mère est en France.