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Des scientifiques de l'Institut californien de technologie (Caltech) avançaient récemment des preuves suggérant qu'une planète plus grande que la Terre pourrait se cacher au-delà de l'orbite de Pluton, dans les parties les plus éloignées du système solaire. Pour l'heure elle nous est invisible, mais ses effets peuvent-ils se faire sentir ?

Il y a deux ans, des astronomes réalisaient que les mouvements des objets au-delà de la huitième planète de notre système - Neptune - impliquent l'existence d'une éventuelle neuvième planète, qui n'est pas Pluton. Cette planète hypothétique serait 10 fois plus massive que la Terre et suivrait une longue orbite excentrique autour du Soleil. Ce monde visiblement très sombre nous est pour l'instant invisible, mais ses effets gravitationnels sur d'autres objets lointains et glacés dans la ceinture de Kuiper - au-delà de l'orbite de Neptune - pourraient prouver son existence. Cette semaine d'ailleurs, une équipe d'astronomes rapporte l'analyse d'un nouvel objet à l'orbite étrange.

Appelé BP 519 2015, celui-ci effectue un voyage elliptique autour du Soleil à une distance de 35 à 862 fois le rayon de l'orbite terrestre.

Mais tandis que les huit planètes connues tournent autour du Soleil sur le même plan, l'orbite de ce nouvel objet évolue selon un angle de 54 degrés par rapport à ce plan. Les chercheurs ont ici modélisé son mouvement dans un nouvel article publié récemment sur le serveur de pré-impression arXiv. Il s'agirait à ce jour de l'objet trans-neptunien le plus extrême découvert, selon le journal.

Après avoir modélisé l'orbite de l'objet, l'équipe dirigée par Juliette Becker, étudiante américaine diplômée de l'Université du Michigan, a réalisé qu'elle avait besoin de plus d'éléments pour expliquer cette apparente « anomalie » orbitale. Pour les chercheurs, il est en effet peu probable qu'une des planètes connues ait été capable de fournir l'impulsion nécessaire pour la renverser. Selon eux, l'étrange orbite de BP 519 2015 pourrait facilement être expliquée par la présence d'une neuvième planète dotée d'une très forte attraction gravitationnelle.

« Ce n'est pas la preuve que la neuvième planète existe », note David Gerdes, de l'Université du Michigan et co-auteur du nouveau papier. « Mais je dirais que la présence d'un objet comme celui-ci dans notre système solaire renforce le dossier ».

D'autres astronomes ne sont en revanche pas aussi certains de cette conclusion. Peut-être y avait-il, à l'époque de la formation du cosmos, d'autres objets capables de donner ce « coup de pied » initial. Le système solaire primitif contenait probablement 10 000 planètes naines, en comparaison avec les 20 exemples connus actuellement, y compris Pluton. L'influence gravitationnelle de ces milliers de planètes naines aurait pu suffire à déplacer BP519 2015 dans son orbite, par exemple. Vous l'aurez compris, d'autres recherches seront donc nécessaires pour que nous puissions un jour célébrer la présence de cette neuvième planète tellement théorisée depuis quelques années.

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