Adrien
(...) La respiration est courte, les yeux se lèvent au ciel pour cacher les larmes et parfois les mots ne sortent plus... Et pourtant Bruno trouve encore le courage de parler, pour dire sa colère. Celle « d'une société, d'une ville qui baigne de plus en plus dans l'insécurité... Quoique l'on fasse, où que l'on aille il y a toujours une minorité de racailles qui se fait remarquer par des actes de vandalismes ou de violences ».

La seule chose que ce père de famille désire « c'est que tout ça s'arrête. Cette violence quotidienne qui tue des jeunes, il faut trouver des solutions, car on a beau dire « ça suffit », « plus jamais ça » et organiser des marches blanches après chaque drame, rien ne change et la liste des victimes s'allonge. Nous on a peur que d'une seule chose c'est que notre fils ne soit qu'un nom de plus dans la rubrique faits divers et qu'on l'oublie après le prochain. Nous on le l'oubliera jamais et on ne pardonnera jamais ».

France 3

Younes Yanis

Younes et Yanis El Habib (profil Facebook)
Dans une interview accordée au Dauphiné Libéré, les parents d'Adrien Perez - le jeune homme de 26 ans tué d'un coup de couteau dimanche matin à Meylan - évoquent longuement la mémoire de leur fils et se disent révoltés par ce drame.

Trois jeunes hommes ont été mis en examen dans cette affaire. Deux d'entre eux, Younes El Habib et Yanis El Habib, deux frères, respectivement suspectés du meurtre d'Adrien et de tentative de meurtre sur un ami d'Adrien, ont été placés sous mandat de dépôt.

« (...)  On pourra toujours organiser des marches blanches pour tenter de mobiliser l'opinion, cela ne servira à rien.  Car il y aura encore d'autres victimes : une jeune fille demain, une grand-mère ensuite. Et cela ne s'arrêtera jamais. Le niveau de violence dans l'agglomération grenobloise est inadmissible. La police et les gendarmes font tout ce qu'ils peuvent, mais la vérité, c'est que l'Etat a peur de cette minorité de personnes ultra-violentes qui terrorisent la majorité des pauvres gens dans les quartiers », estime notamment Bruno Perez, le père d'Adrien.

« Mon fils a tenté de venir au secours d'un couple d'amis qui était pris à partie par les agresseurs. C'est en venant les aider qu'il a été tué. Il a fait preuve d'héroïsme. Ni lui ni ses copains n'étaient évidemment armés, alors que les autres avaient des couteaux.  Mais comment est-il possible que des gens puissent entrer dans une discothèque en étant armés ? », s'interroge, effondrée, la mère d'Adrien, Patricia. « En tuant notre fils, ils ont détruit notre vie », ajoute Bruno Perez, qui explique qu'il ne « pardonnera jamais ».

Le Dauphiné



Comment: Voir aussi : le coup de gueule de Zohra Bitan dans Les Grandes Gueules :

« Après le meurtre d'Adrien Perez il y a 0 émeute. Une partie de la population doit subir la violence et si elle l'ouvre elle est insultée. Et il y a une autre partie qui en profite à la moindre occasion, en produisant parfois la violence. »


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