C'est pour le moins une décision surprenante et inédite qui a été prise par le gouvernement danois. En effet dès 2021, c'est l'île de Lindholm qui accueillera les étrangers condamnés à l'expulsion après avoir commis un crime. Le même sort sera réservé aux étrangers délinquants dont la demande d'asile a été rejetée et qui sont en attente d'un renvoi dans leur pays, selon Le Monde.
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L'île prison
Située à une centaine de kilomètres au sud de Copenhague, la capitale du Danemark, cette île hébergera dans ce sens tous les étrangers jugés criminels en attendant leur expulsion. Une décision dont les pourparlers ont été menés dans le cadre de l'accord sur le budget entre le gouvernement libéral-conservateur et son allié parlementaire, le Parti populaire danois (Dansk Folkeparti, DF), une formation populiste anti-immigration et eurosceptique.

Divulguée le 30 novembre dernier, cette mesure s'inscrit parmi une série de propositions. Des propositions qui ont pour objectif premier de renforcer la politique d'accueil du pays connue pour y être très réglementée ; ceci alors que les élections législatives sont prévues le 17 juin 2019 au plus tard.

Dans ce sens ce nouveau centre, géré par l'administration pénitentiaire, a une capacité d'accueil de 125 personnes et sera surveillé par la police en permanence. Cependant, ce n'est pas une prison. « Un ferry leur permettra de faire des allers-retours sur l'île, mais il ne naviguera pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et les délinquants devront être au centre la nuit. Ainsi, nous pourrons mieux surveiller où ils se trouvent », a précisé Kristian Jensen, le ministre des Finances.

A noter que dans l'accord présenté, l'exécutif et l'extrême droite s'engagent à aller « jusqu'aux limites des obligations imposées par les conventions » internationales. Néanmoins Kristian Jensen reconnaît « le risque d'un litige » et « n'exclut pas qu'un tribunal des droits de l'Homme parvienne à d'autres conclusions un jour ».