
« Je suis venu pour la justice sociale », explique Maxime, 25 ans, blazer et bonnet vissé sur la tête. « Le grand débat ? C'est une bonne initiative, concède le jeune homme. Je me suis rendu sur le site, mais je n'ai pas trouvé tous les sujets qui m'intéressaient. J'aurais aimé discuter de l'affaire Benalla, par exemple. » Interrogé sur un éventuel déclin du mouvement, Maxime affirme que les « violences policières récentes » lui donnent envie de ne « rien lâcher ».
Le sujet évoqué par le manifestant se trouve d'ailleurs au cœur des discussions. Rapidement informés par les réseaux sociaux, les Gilets jaunes présents à République ont vent de la blessure à l'œil d'un de leurs « leaders », Jérôme Rodrigues, survenue en fin d'après-midi. Certains scandent des « Macron on en a marre, ils ont encore blessé Jérôme ce soir ». Il est 18 heures.
En quinze minutes, l'esplanade est déserte
La fin officielle devait être à 22 heures. La manifestation tourne court vers 19 heures, alors que des scooters et du matériel urbain sont incendiés par des individus masqués à l'entrée du boulevard des Filles-du-Calvaire. La police réplique par des tirs nourris de grenades lacrymogènes et de désencerclement sur l'intégralité de la place. Pris de court, les manifestants se réfugient dans les restaurants de la place, avant d'être rapidement repoussés vers les boulevards de Strasbourg et de Magenta. En quinze minutes, l'esplanade est déserte. Interrogé par Le Parisien, un CRS confirme que l'ordre d'évacuation a été donné à 19 heures, et non 22 comme prévu.
Près du boulevard de Strasbourg, un homme en soutane discute avec un groupe de manifestants qui se vident des dosettes de sérum physiologique dans les yeux. « Je me tiens ici contre l'injustice et pour la paix », affirme posément l'abbé Grégoire Corneloup, du diocèse de Metz. « Je ne cautionne aucun débordement, car la violence crée l'injustice. J'ai l'impression, humblement, de participer à la paix et en discutant avec les gens. »
L'abbé Corneloup se rend à Paris pour le quatrième week-end d'affilée. « La soutane attire beaucoup les gens, qui viennent me parler spontanément. C'est très intéressant de partager sa vision des choses. » Un partage écourté sur la place de la République, où, à 20 heures, l'embryon de « Nuit jaune » laisse un goût amer aux manifestants.



Commentaire : Casseurs qui tombent bien ?