L'échec du sommet entre le président américain Donald Trump et le leader de la Corée du Nord Kim Jong-un en février dernier aurait-il une explication plus secrète ? Le quotidien espagnol El País rapporte que la CIA serait impliquée dans un assaut de l'ambassade de la Corée du Nord à Madrid, le 22 février dernier.
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© Alberto Pizzoli
Citant le contre-espionnage espagnol, le Centro nacional de intelligencia (CNI), El País affirme qu'au moins deux des dix personnes impliquées dans cet assaut seraient en lien avec la CIA.

Les enquêteurs du CNI ont rapidement exclu la piste de délinquants pour privilégier celle d'un commando militaire qui savait ce qu'il cherchait : des ordinateurs ont notamment été dérobés.

D'après des sources avancées par El País, l'objectif de l'assaut aurait été de « d'obtenir des informations » à propos du dernier ambassadeur de Corée du Nord à Madrid, Kim Hyok-chol. Le haut diplomate avait été expulsé en septembre 2017, avant de devenir l'un des hommes de confiance de Kim Jong-un.

Kim Hyok-chol s'était rendu à Hanoï au Vietnam, une semaine avant la rencontre entre Donald Trump et son homologue nord-coréen, afin de préparer le sommet avec Stephen Biegun, représentant des Etats-Unis pour la Corée du Nord. Toujours selon El País, des sources gouvernementales auraient fait savoir que si l'implication de la CIA était avérée, il s'agirait d'une initiative « inadmissible ».

Un assaut impressionnant avec des armes factices ?

De fait, dans ce qui constituerait un cas d'ingérence indiscutable, le renseignement américain aurait ainsi mené une action sur le sol de l'Espagne, pays souverain, sans en demander l'autorisation ou même en informer les autorités. D'autant que, comme le rapportait El País dès le 27 février dernier, l'intervention aurait été particulièrement violente.

Dix hommes seraient entrés dans l'ambassade avec des armes factices. Ils auraient ensuite bâillonné et ligoté ses occupants avant de dérober des documents, ordinateurs, téléphones et de quitter les lieux avec des véhicules de l'ambassade. Les autorités espagnoles ont demandé des explications à la CIA, qui a répondu par la négative mais de façon « peu convaincante », selon le quotidien espagnol.

Reste que si l'affaire n'avait été révélée que le 27 février par le site El Confidencial, cette attaque spectaculaire, serait sans doute restée secrète. L'ambassade nord-coréenne s'était bien gardée de déposer plainte auprès de la police espagnole.