Au moins 74 personnes, dont de nombreux pèlerins, ont péri dans l'incendie qui s'est déclaré jeudi matin à bord d'un train de passagers au Pakistan après l'explosion accidentelle de bonbonnes de gaz.
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© REUTERS/Asghar Bhawalpuri/via REUTERS TV
Le feu était éteint en fin de matinée tandis que les secouristes et les pompiers s'activaient dans les voitures carbonisées encore fumantes. Seuls 18 corps ont pu être identifiés à ce stade.

Le dernier bilan est d'« au moins 74 morts », a déclaré le ministre des chemins de fer, Sheikh Rasheed Ahmed, à la presse dans l'après-midi. « La majorité des gens dans les voitures qui ont pris feu venaient [des villes de] Mirpur Khas, Hyderabad, Nawab Shah et Karachi », dans le sud du pays, a-t-il précisé. Adnan Shabir, porte-parole des services de secours locaux, a pour sa part avancé un bilan de 73 morts et plus de 40 blessés ; ces derniers ont été évacués vers les hôpitaux de Rahim Yar Khan et Bahawalpur, situés à proximité.

Certaines des victimes ont péri ou se sont blessées à la tête en sautant du train en feu alors qu'il était encore en mouvement, a déclaré Muhammad Nadeem Zia, directeur de l'hôpital de Liaquatpur, la ville la plus proche.



Explosion de bonbonnes de gaz

Trois voitures, deux de classe économique et une de classe affaires ont pris feu suite à l'explosion de deux bonbonnes de gaz utilisées par des passagers pour cuire des aliments, a expliqué à Ali Nawaz, un haut responsable des chemins de fer pakistanais. Chaque voiture peut accueillir environ 88 personnes, a-t-il précisé. La plupart des victimes sont des pèlerins qui se rendaient à un rassemblement religieux près de Lahore, a déclaré M. Nawaz. Le festival auquel ils se rendaient est le Tablighi Ijtema, l'un des plus importants au Pakistan, qui commence jeudi. Jusqu'à 500 000 participants venus de tout le pays y sont attendus cette année pour trois journées de prières et de conférences.

Le premier ministre, Imran Kahn, s'est dit « profondément attristé par la terrible tragédie » et a annoncé sur Twitter l'ouverture d'une « enquête immédiate, à compléter d'urgence ». Pour sa part, la ministre pakistanaise des droits humains, Shireen Mazari, a estimé que cette tragédie « aurait pu être évitée », déplorant que les bagages des passagers soient rarement contrôlés à bord des trains.

« Je reconnais notre erreur de ne pas avoir empêché les pèlerins d'apporter des réchauds et des bonbonnes », a déclaré le ministre des chemins de fer Sheikh Rasheed Ahmed. « La tradition veut que les gens se rendant à Raiwind pour le rassemblement ne soient pas empêchés d'apporter des réchauds et des bonbonnes à bord (des trains). Mais cela ne se reproduira pas », a-t-il ajouté.

Les accidents ferroviaires sont fréquents au Pakistan, pays qui a hérité de son passé colonial sous domination britannique un vaste réseau de chemins de fer. Mal entretenu, il est aujourd'hui décrépi après des décennies de déclin dû à la corruption, à une gestion inadéquate et au manque d'investissement. Une collision entre deux trains dans la même zone avait fait 23 morts en juillet. Imran Khan avait alors appelé à la prise de « mesures d'urgence pour contrer des décennies de négligence de l'infrastructure ferroviaire »