Le nord du Burkina Faso a une nouvelle fois été endeuillé : 36 civils ont été tués le 20 janvier dans une attaque terroriste contre deux villages au nord du pays. Dans un communiqué au lendemain de l'attaque, le ministre burkinabé de la Communication, Remis Fulgance Dandjinou, rapporte qu'un groupe terroriste « a fait irruption dans le marché de Nagraogo, y a abattu 32 [civils], brûlé le marché et, dans son repli, [en] a abattu quatre autres au niveau du village d'Alamou. Cette attaque a également fait trois blessés ».
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Une attaque terroriste sur deux villages dans le nord du Burkina Faso a fait 36 morts et trois blessés. Celle-ci intervient alors que le pays vient d'adopter une loi portant sur le recrutement de volontaires dans le cadre de la lutte antiterroriste.
Un deuil national de 48 heures allant du 22 au 23 janvier, a été décrété par le président Roch Marc Christian Kaboré.

Cette attaque, pour l'heure non revendiquée, est intervenue la veille de l'adoption à l'unanimité au Parlement d'une loi permettant le recrutement de volontaires ayant au minimum 18 ans dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Leur incorporation doit au préalable être approuvée par les populations locales à l'occasion d'une assemblée générale, selon un document consulté par l'AFP. Une fois recruté, ils suivront une formation militaire de deux semaines avant d'effectuer des missions d'information, de protection et de surveillance.

A l'instar des autres pays de la région, le Burkina Faso, notamment la région septentrionale, fait face depuis 2015 à une intensification des attaques terroristes. Selon l'ONU, elles ont fait 750 morts et 560 000 déplacés.

Il y a encore peu, le 24 décembre dernier, 35 civils et sept militaires ont été tués dans une attaque revendiquée quelques jours plus tard par l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap). Il s'agit du pire attentat enregistré dans le pays depuis cinq ans. Face à la détérioration de la situation sécuritaire, la France et ses alliés ont décidé, à l'issue du sommet du G5 Sahel à Pau, d'intensifier leurs opérations militaires dans une zone à cheval entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, régulièrement secouée par des attaques terroristes.