Les Gilets jaunes, qui avaient décidé de se réunir à Paris ce 14 mars pour leur acte 70, ne se sont pas laissés démotiver par l'épidémie de coronavirus. Ils sont nombreux à manifester depuis la fin de matinée. Au départ de la gare Montparnasse, le cortège plutôt dense de la manifestation déclarée, encadrée par la police, marche actuellement en direction de Bercy en passant par Denfert-Rochereau.
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© LP/Philippe de Poulpiquet
Malgré l'appel de certaines figures du mouvement à ne pas manifester en raison de la pandémie de coronavirus, un imposant cortège de Gilets jaunes manifeste à Paris dans le cadre d'une manifestation déclarée pour l'acte 70.
Devant la gravité de la situation sanitaire dans le pays et les mesures prises par le gouvernement pour tenter de maîtriser l'épidémie de coronavirus, des figures du mouvement, comme Jérôme Rodrigues ou Maxime Nicolle, avaient appelé la veille à ne pas manifester. « Il ne faut pas venir sur Paris » et « rester un maximum chez soi », avait déclaré Jérôme Rodrigues. Des appels à « la raison et au bon sens », selon les formules employées par Maxime Nicolle, qui n'ont pas été entendus par les plus déterminés dans le mouvement de contestation.


S'il a appelé à ne pas manifester, Maxime Nicolle, résidant en Bretagne, s'est tout de même rendu dans la capitale pour soutenir ceux qui ont fait le déplacement et qui comptaient manifester sur les Champs-Elysées malgré l'interdiction formelle. Peine perdue : une photo postée par le Gilet jaune sur son compte Facebook montre la célèbre avenue vide et longée de camions de CRS.

Dans le cortège, malgré l'épidémie, le port de tout masque est interdit et les personnes qui en portent risquent une contravention. Les forces de l'ordre elles-mêmes ne sont pas équipées de masques de protection médicaux.


En fin de matinée, les forces de l'ordre sont intervenues après des heurts vers le boulevard Arago, dans le sud de la capitale.




Selon le journaliste du Point, Aziz Zemouri, la préfecture de police aurait recommandé aux policiers l'usage du pistolet à impulsion électrique « pour maîtriser un mouvement de foule ou de crise d'hystérie », plutôt que le gaz lacrymogène « facteur d'aggravation du risque par irritation des voies respiratoires ». Des journalistes présents sur place font malgré tout état d'utilisation de lacrymogènes.

En fin de journée, les forces de l'ordre avaient procédé à 79 interpellations après des heurts, ainsi que sur des «cortèges sauvages», selon la préfecture de police de Paris.