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Marseille (Bouches-du-Rhône), mercredi. Les malades de la grippe continuent d’affluer dans les hopitaux.
La grippe va faire des milliers de morts cet hiver. Impossible pour l'heure de savoir si le bilan de 18 300 décès supplémentaires pendant l'épidémie de 2014-2015 sera dépassé. Mais ce qui est sûr, c'est que le fléau frappe très fort en cette saison de froid, alors même que son pic n'a pas encore été atteint à l'échelle nationale. Il est prévu la semaine prochaine, selon le professeur François Bourdillon, directeur général de Santé publique France.

Sur la dernière semaine de 2016, le nombre de décès est bien supérieur à la moyenne, déjà habituellement élevée en janvier. Un diagnostic confirmé par l'Observatoire européen de la mortalité, dont les derniers chiffres sont tombés jeudi. Pour la première semaine de janvier, la France est en « excès important » de décès, tout comme l'Italie. Le Portugal traverse, lui, un phénomène « très important ».

« H3N2 est l'un des trois virus qui transmet la grippe à l'homme. On le connaît depuis 1968. Il touche particulièrement les plus de 65 ans, entraînant une surmortalité dans cette tranche d'âge. Mais la particularité de cette année est que nous avons une épidémie quasi exclusive avec ce virus, d'où la probabilité d'un bilan lourd », analyse le professeur Bruno Lina, un des plus grands spécialistes de la maladie en France.

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Evolution hebdomadaire de la mortalité en France
Il n'y a pas qu'aux urgences, encore engorgées jeudi soir, qu'on tire la sonnette d'alarme. La surmortalité anormale est aussi constatée dans notre pays dans des agences de pompes funèbres et des crématoriums, qui font face à un surcroît très sensible d'activité. Dans certaines régions, les délais d'attente d'inhumation et de crémation s'allongent. « On est à l'extrême limite mais, pour le moment, on tient. Il ne faudrait surtout pas que ça s'amplifie, sinon on ne pourrait plus avoir un accompagnement idéal. Une agence nous a dit que son activité habituelle du mois de janvier avait été cette année réalisée en moins de deux semaines. Par rapport à 2015, soit c'est plus fort, soit c'est plus concentré dans le temps », souligne-t-on à la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM).

En Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Ile-de-France, la situation est particulièrement tendue. A l'enseigne des Pompes funèbres générales (PFG), on décrit « une activité très intense » actuellement après un « niveau très élevé » lors de la seconde partie du mois de décembre.

La meilleure des garanties pour éviter d'être touché, c'est encore la prévention. « Il est un peu tard pour se faire vacciner, mais il faut tousser dans un mouchoir en papier, le jeter, se laver tout de suite les mains, porter un masque si on va rendre visite à des personnes âgées, décrypte le professeur Lina. Et surtout, si une personne se sent anormalement essoufflée, ne pas se poser de questions et aller à l'hôpital. »

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