Je suis allé soutenir les restaurateurs en colère aujourd'hui. Muni de mon écharpe d'élu j'avais en effet prévu d'aller braver l'interdiction de s'asseoir à une table de restaurant pour déjeuner - crime abominable dans la macronie triomphante où le temple de la malbouffe, MacDo, est ouvert bien sûr et fonctionne à plein régime en mode drive-in, mais pas les restaurateurs indépendants. Je me voyais déjà faisant face à la troupe et les sommant de cesser leurs interpellations, bref servir la cause haut et fort, comme le doit tout élu d'opposition.

Emmanuel Crenne

Emmanuel Crenne
Grosse déception : pas un seul des restaurants de la liste publiée sur le site du collectif en charge du mouvement n'était ouvert à Paris et n'osait braver l'interdit. Où donc étaient les foules de résistants attendues devant ces établissements ? Personne, preuve du peu de relais de l'appel des restaurateurs dans la population.

Comment expliquer cet échec ?

Nous avons appris que certains restaurateurs qui avaient exprimé publiquement leurs intentions d'ouvrir leur établissement aujourd'hui avaient reçu de scandaleuses lettres de menace des autorités. On comprend donc qu'ils réfléchissent à deux fois avant de braver l'interdit, ce qui déclencherait une répression terrible, arrêt des aides de l'Etat, amendes, fermetures administratives etc. en bref la peine de mort économique.

La peur et la terreur règnent donc dans le monde des progressistes au pouvoir, en parfaite continuité avec le despotisme des années de terreur républicaine de 1793 et 1794, avec une amende monstrueuse en guise de guillotine, la fermeture et la mort sociale qui en découle, nouveaux instruments d'intimidation de ce régime funeste.

Mais ce qui frappe surtout c'est la lâcheté généralisée du peuple français, qui passe son temps à brailler son mécontentement, mais qui accepte docilement comme un troupeau de moutons imbéciles le diktat de la clique au pouvoir qui le musèle et restreint chaque jour davantage sa liberté par des vexations supplémentaires et des contraintes multiples. Où sont donc passés les fameux « Gaulois réfractaires » et l'esprit de contestation et de révolte qui animèrent pendant des siècles le peuple français ? Que voyons-nous aujourd'hui ? Le retour de l'ambiance de 1870 et 1940 lors des invasions allemandes : des millions de dénonciations et des anathèmes jetés contre ceux qui résistent et qui s'opposent, qualifiés de complotistes. Les procès en sorcellerie ne sont pas loin et on prépare les bûchers. Et comme autrefois on dénonçait les juifs, on dénonce à tour de bras son voisin qui ne porte pas de masque ou qui brave le couvre-feu. Un climat ignoble de suspicion et de peur généralisé s'installe, attisé par le gouvernement qui casse ainsi habilement toute tentative de résistance.

Cette lâcheté est aussi celle de l'opposition LFI, UDI-LR et RN qui ne joue pas son rôle et trahit ses électeurs, une opposition qui serait cependant un relais, une caisse de resonance amplificatrice et utile au sympathique mouvement des restaurateurs, si elle assumait son rôle. Voilà des gens qui semblent plus attachés à leurs indemnités et à leurs petits mandats bien confortables qu'au combat politique qui devrait les animer. Une fausse opposition donc, devenue un instrument du pouvoir pour éteindre toute velléité de résistance. On entend en effet Marine le Pen sur les plateaux faire constamment de la surenchère sur la politique gouvernementale : « pas assez de masques, pas assez de contrôles, fermeture des frontières trop tardive, pas assez de vaccins, pas assez de confinement », nous dit cette championne de l'échec électoral ... aucun sens politique, aucun leadership ... cette opposition factice et minable n'est que le miroir blafard d'un gouvernement sinistre, incompétent et manipulateur.

Tout se paie cependant. Il ne faudra pas pleurer ensuite une fois la dictature de Macron et de son gang solidement installée. N'y aura-t-il donc pas un seul Juste pour lui résister ? Ce bel esprit de résistance et l'idéal de liberté qui animèrent nos prédécesseurs de 1940 à 1945 où est-il ? Allons-nous enfin faire honneur à nos héros du passé, ou sont-ils morts pour rien ? Que faisons-nous de l'héritage qu'ils nous ont laissé ? N'est-il pas temps de résister ?

Et si nous résistions ensemble, si nous refusions tous au même moment de porter le masque, de fermer nos entreprises et de nous soumettre à la dictature de Macron et de sa clique infâme, alors ils ne pourraient rien. Rien ne peut s'opposer à la volonté du peuple, sauf Dieu. Et Macron, qui n'est qu'un petit Jupiter de pacotille, n'est pas Dieu. Son pouvoir ne tient en réalité qu'à un fil, une chimère qu'entretient une classe médiatique soumise et corrompue, qu'il nous appartient de couper.

A tous ceux qui attendent de voir si les autres vont bouger avant de se décider je dis ceci : personne n'est à l'abri. Aujourd'hui ce sont les restaurateurs et les artistes qui sont en danger de mort, demain ce seront les ouvriers, les agriculteurs. Aucun secteur ne sera épargné. Si nous ne faisons rien, si vous ne faites rien, nous mourrons tous et vous aussi, vous qui vous croyez à l'abri. Méditez donc ces paroles de Martin Niemöller[1] :
« Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste. Quand ils sont venus chercher les Juifs, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas Juif. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste. Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique. Et lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester. »
[1] Arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen. Il fut ensuite transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau. Libéré du camp par la chute du régime nazi, en 1945.