Dix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Premier ministre devrait annoncer le rejet à la mer de l'eau contaminée, selon les médias locaux.
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© Crédit photo : TOSHIFUMI KITAMURA / AFP
L’eau a été filtrée à plusieurs reprises pour être débarrassée de la plupart de ses substances radioactives.
Le Japon a décidé de rejeter à la mer de l'eau contaminée issue de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, ont affirmé vendredi 9 avril des médias locaux, en dépit d'une forte opposition locale à ce projet.

Filtrée à plusieurs reprises

Le gouvernement du Premier ministre Yoshihide Suga prévoit d'annoncer la décision dès mardi prochain, selon l'agence Jiji et la chaîne de télévision publique NHK.

Cette décision mettrait un terme à sept années de débat sur la manière de se débarrasser de l'eau provenant de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les coeurs des réacteurs nucléaires entrés en fusion après le tsunami du 11 mars 2011.

L'eau destinée à être relâchée dans cette opération, qui devrait prendre plusieurs années, a été filtrée à plusieurs reprises pour être débarrassée de la plupart de ses substances radioactives (radionucléides), mais pas du tritium, lequel ne peut pas être éliminé avec les techniques actuelles.

Elle sera diluée afin de répondre aux standards internationaux, a précisé la NHK.

Une décision urgente

Ces informations sont publiées alors que Yoshihide Suga s'est entretenu mercredi avec Hiroshi Kishi, dirigeant de la fédération des coopératives de pêche du Japon. A l'issue de la rencontre, le Premier ministre avait annoncé une décision «dans un avenir proche». «La gestion de l'eau contaminée est une question que l'on ne peut pas éviter» dans le cadre de la reconstruction à Fukushima, avait déclaré Yoshihide Suga à la presse.

Environ 1,25 million de tonnes d'eau contaminée sont actuellement stockées dans plus d'un millier de citernes à proximité de la centrale nucléaire accidentée il y a dix ans dans le nord-est du Japon. Une décision est d'autant plus urgente que les limites de la capacité de stockage de l'eau sur place pourraient être atteintes dès l'automne 2022.