Lorsque j'écrivais il y a exactement un an, spontanément, le petit texte intitulé « le masque et la vie », je ne me doutais pas qu'il serait si abondamment partagé et relayé par plusieurs supports : Antipresse, Anthropo-logique de Jean-Dominique Michel, Tribune Juive Sarah Cattan, Nexus, un blog de Médiapart (Jean-François Coffin) ainsi que par les nombreux inconnus qui y ont trouvé les échos de leurs propres expériences, se retrouvant dans mes propos qui ont dû faire fonction de caisse de résonnance cognitive et émotionnelle. Celles-ci exprimaient une sidération et un désarroi consécutifs à une scène de la vie quotidienne vécue au cœur de l'été dans une rue de Bruxelles.
Paracelse
© Musée du Louvre
Portrait présumé du médecin Paracelse — Copie anonyme du XVIIe siècle d’un portrait présumé de Paracelse, d’après un original perdu de Quentin Metsys, huile sur bois.
Alors que je marchais sereinement, soulagé de la levée des mesures de confinement et de restrictions, le visage entier découvert, je fus accosté soudainement par un inconnu venu me mettre en garde en m'expliquant qu'il venait de croiser une patrouille de police et que cette dernière avait verbalisé quelqu'un pour une infraction au port obligatoire du masque (250€).

A cet instant, je fus réellement saisi d'un sentiment diffus et confus mélangeant stupéfaction et colère et, aussitôt rentré chez moi, je me mis à rédiger ce texte que j'aurais tout aussi bien pu intituler « le canari dans la mine » car c'est exactement l'image symbolique qui me vint spontanément à l'esprit pour décrire ce que je ressentais.

Il n'y avait aucune odeur, mais cela ne sentait pas bon quand même.

Aujourd'hui, ce sentiment ne m'a toujours pas quitté et je me sens encore comme cet oiseau que les mineurs emmenaient avec eux lorsqu'ils descendaient sous terre pour extraire le charbon. Très sensible aux émanations de gaz toxiques, impossibles à détecter pour les hommes ne bénéficiant pas des équipements modernes, le petit oiseau jaune servait d'outil de référence. Ainsi, lorsqu'il mourait ou s'évanouissait, les mineurs se dépêchaient de sortir de la mine afin d'éviter une explosion ou une intoxication imminente.

Depuis, je n'ai cessé de lire, d'entendre, d'écouter, d'examiner, de regarder et d'analyser tout ce qui me semblait nécessaire, important et pertinent afin de comprendre de quoi était faite cette mine, si tant est qu'elle eût vraiment existé un jour, ce qui n'était pas du tout ni certain ni évident, le doute étant une vertu cardinale chez moi.

Quant au canari, était-il vraiment en cage ou était-il victime de son imagination, de ses fantasmes, de ses interprétations et de ses délires ?

Je n'ai toujours pas trouvé de réponse à cette question et je persévère dans mes recherches.

À l'instar de mes travaux de recherche sur les psychotropes, j'ai procédé de la même manière, fidèle à la méthode foucaldienne et à la démarche heuristique (la découverte), je me suis livré à une plongée archéologique du savoir covidien, il fallait déconstruire, creuser, sonder les récits, les données, officielles et cachées, les connaissances, connues et méconnues, les comparer, évaluer leur pertinence et leur impertinence, discerner le vraisemblable de l'invraisemblable, examiner les mots et les choses, séparer les faits de leurs représentations afin de rétablir une image plus fidèle d'un territoire qui s'éloignait de plus en plus des discours médiatiques et politiques, trier, réinformer en rétablissant une communication plus cohérente, bref, il fallait tenter de donner du sens à un événement et à des faits qui en étaient fort dépourvus et préjudiciables pour l'équilibre mental et émotionnel.

En 2001, je publiais L'envers de la drogue, une imposture démasquée et en 2008, Drogues et civilisations, une alliance ancestrale une deuxième édition augmentée d'un premier ouvrage qui s'intitulait Entre remède et poison, archéologie d'un savoir oublié. Si j'évoque ces titres c'est surtout pour souligner combien le sujet du Covid est pour moi un objet d'analyse semblable aux drogues. Il y est question des mêmes interrogations médicales, scientifiques, politiques, sociétales, épistémologiques, anthropologiques, juridiques, spirituelles, religieuses, mystiques, métaphysiques.

Le Covid, comme les drogues, engage les mêmes questions et débouche sur les mêmes interrogations en réalisant des constats identiques.

L'imaginaire et le symbolique y jouent les mêmes rôles et remplissent des fonctions similaires.

Le discours sur les drogues dresse une représentation déformée de la réalité, le réel s'en trouve falsifié, altéré et produit une carte très éloignée du territoire des drogues. Pareil pour le Covid(e), vidé de sa substance par les discours et les représentations élaborés par les médias officiels, mais surtout par toutes les personnes qui participent et collaborent à cette élaboration du récit, du storytelling, du narratif du Covid.

Si bien qu'aujourd'hui, le Covid s'est dilué dans le corps social en imprégnant les individus, en les imbibant même de ces récits et de ces narratifs, au point d'en rendre plus d'un parfois totalement perdu, certains errant dans une indétermination de sens, ne sachant plus ni que penser ni que faire.

La médecine et la science en tant qu'institution ont subi un déficit de légitimité et de crédibilité inédit dans l'histoire depuis un an et demi. La profession médicale et scientifique aussi. Pareil pour le politique qui s'est discrédité et disqualifié dans de nombreux pays.

Nous sommes désormais dans un espace anthroposocial et politique dévasté, en ruine, face à un vide grandissant qui génère un appel d'air dont on ne connaît ni la force ni l'odeur.

Or, ce n'est pas ce virus qui en est la cause, mais bien ce que l'oligarchie au pouvoir en a fait, intentionnellement, je n'ai plus aucun doute à ce sujet, soit par opportunisme politique, soit par conviction, soit par ignorance et par incompétence : responsables politiques, médecins et scientifiques propagandistes, présentateurs, journalistes, et tous les auxiliaires de ce régime sanitaire qui ont sciemment dévoyé leur métier au profit d'une cause, car c'est bien de cause dont il s'agit et non de préoccupation sanitaire, ça se saurait depuis longtemps.

Certains ont agi en conscience, sciemment en sachant parfaitement au fond d'eux-mêmes ce qu'ils faisaient, d'autres ont été persuadés de faire le Bien, soit par manque de connaissances, soit par paresse intellectuelle, soit par conviction.

Il existe aujourd'hui assez de rapports scientifiques et médicaux de haut niveau et suffisamment de données, pour établir un plan de politique de santé cohérent et efficace, certains pays, comme la Suède, en sont la preuve, mais la Suède n'est pas la seule, disons que ce pays est notre plus proche voisin géographique et culturel.

Il existe également une brochette de scientifiques et de médecins sur cette planète qui jouissent d'une crédibilité et d'une légitimité qui relégueraient quelques propagandistes de plateaux télé aux oubliettes de l'histoire des sciences et de la médecine.

Mais ils ne sont ni entendus ni écoutés, ni relayés et même disqualifiés et discrédités par une caste médiatico politique et médico-scientifique qui devrait vraiment rougir de honte.

Nous avons de très précieux savants, pas des « sachants », des savants, des gens qui ont accumulé des connaissances et un savoir considérables en matière de maladies infectieuses et d'épidémiologie, nous avons des médecins qui savent comment soigner et prévenir cette maladie et d'éminents scientifiques qui savent comment ce virus fonctionne et ce qu'il faudrait mettre en place pour s'en défendre, s'en prémunir, l'éviter, se battre contre lui sans nécessairement mettre autrui en danger.

Nous avons des molécules très anciennes dont nous connaissons les effets thérapeutiques et les effets nocifs, nous connaissons ces remèdes, ces pharmaka et nous savons parfaitement bien comme l'a compris au XVIe siècle déjà Philippus Theophrastus Aureolus Bombast von Hohenheim, plus connu sous le nom de Paracelse, qu'entre remède et poison tout est question de dose et d'usage.

C'est entre Toxikon et Pharmakon que se trouvent le secret thérapeutique et le bon usage.

L'immunité artificielle est utile lorsqu'elle est bien conçue et utilisée à bon escient, mais elle n'est pas la solution unique, les traitements existent et ont fait leurs preuves.

Ma conviction de canari est que cette affaire sanitaire est une immense fraude et une escroquerie planétaire et que l'atmosphère devient franchement irrespirable.

Nous sommes bien dans une mine, obscure, avec quelques rais de lumière qui nous parviennent, pas d'ascenseur pour remonter pour l'instant et enfermés dans une cage dont les barreaux sont extensibles dans un rayon qui varie selon le bon vouloir des architectes qui les ont conçus.

« Die Wissenschaft denkt nicht » écrivait Martin Heidegger, « la science ne pense pas », c'est l'homme qui pense la science.

À condition d'exercer la pensée qui ne tourne pas en rond.

Source de l'article : FranceSoir