Commentaire : Alors que la Chine a déjà annoncé qu'à terme, Taïwan reprendra sa place au sein de son territoire et que le président serbe a récemment affirmé qu'il ne reconnaîtra ni officiellement, ni officieusement, la souveraineté du Kosovo, c'est au tour de l'Argentine de remettre sur la table la question de la souveraineté des îles Malouines, aujourd'hui britanniques.
L'Argentine a notifié au Royaume-Uni sa décision de suspendre un accord de coopération concernant les îles Malouines, archipel dont la souveraineté est revendiquée par les deux pays. Les autorités britanniques ont déploré une « décision décevante ».

« Le gouvernement argentin a proposé de reprendre les négociations sur la question de la souveraineté et encourage une réunion au siège des Nations Unies à New York », a indiqué Santiago Cafiero sur son compte Twitter.Un sujet de dialogue rejeté par Londres :
« Les Malouines sont britanniques », a répondu sèchement sur Twitter James Cleverly. Ses habitants « ont le droit de décider de leur propre futur - ils ont choisi de rester un territoire britannique d'outre-mer ».Le retrait argentin du pacte est une « décision décevante », a estimé le ministre britannique des Amériques, David Rutley :
« L'Argentine a choisi de se retirer d'un accord qui a apporté du réconfort aux familles de ceux qui sont morts dans le conflit de 1982. »L'accord connu sous le nom de « Foradori-Duncan » a été signé sous le gouvernement de l'ancien président argentin de centre-droit, Mauricio Macri (2015-2019). Les deux pays y admettaient leurs divergences en matière de souveraineté mais acceptaient de coopérer dans les secteurs de l'énergie, du transport maritime et de la pêche, ainsi que dans l'identification des soldats argentins morts pendant la guerre.
La note remise par Santiago Cafiero à son homologue stipule que « l'Argentine a cherché à collaborer sur des questions concrètes telles que l'aérien, l'activité scientifique en Antarctique ou la conservation et la préservation des ressources halieutiques, « sans que la volonté manifestée par l'Argentine n'ait été réciproque par votre gouvernement », dévoile le ministère des Affaires étrangères argentin dans un communiqué.
Conflit de souveraineté
La guerre qui a opposé le Royaume-Uni et l'Argentine pendant 74 jours en 1982 a fait plus de 900 morts : 649 soldats argentins, 255 Britanniques et trois habitants de l'île.
Quarante ans après, si pour l'Argentine la guerre des Malouines est vécue comme une blessure encore vive, elle est présentée côté britannique comme une « libération » ayant permis d'offrir la prospérité à ce territoire de l'Atlantique Sud, situé à 400 km des côtes argentines et à presque 13 000 km de Londres.
Pour l'Argentine, ces îles, appelées Malvinas et héritées de la couronne espagnole après l'indépendance du pays, ont été occupées par les troupes britanniques en 1833, le gouverneur et les colons argentins étant alors expulsés vers le continent.
Le Royaume-Uni fait valoir que près de 100 % des 2 000 habitants de l'archipel ont approuvé le maintien sous contrôle britannique lors d'un référendum en 2013. Il s'agit du principal argument de Londres pour ignorer une résolution de l'ONU de 1965 évoquant un conflit de souveraineté et invitant les deux pays à négocier.



Commentaire : Dans le cadre du conflit en Ukraine voyant l'opposition frontale de la Russie aux pays de l'OTAN, de nombreux états observent cette guerre de manière attentive en se posant certaines questions dont les réponses détermineront leurs choix géopolitiques futurs :
- Combien de temps la Russie réussira-t-elle à résister au rouleau compresseur otanien (américain) ?
- Perdra-t-elle ce conflit jusqu'au démantèlement de son territoire ou parviendra-t-elle à sortir victorieuse ?
- Et pourrions-nous, nous aussi, faire valoir ce que nous considérons comme notre droit à disposer de nous-mêmes ou, pourquoi pas, réclamer des territoires qui étaient historiquement les nôtres dans un passé récent ?
À n'en point douter, les lignes bougent et il se pourrait que dans un avenir proche, certaines nations revendiquent davantage leur souveraineté en refusant notamment le diktat imposé par un occident dont la supériorité est plus que jamais remise en question.Voir aussi les articles suivants :