Le 30 novembre, le procureur général du Texas, Ken Paxton, a intenté une action en justice contre Pfizer, alléguant que le fabricant de médicaments avait présenté de manière trompeuse l'efficacité de son vaccin Covid-19.
Bourlat Pfizer
© Fabrice Coffrini/AFPAlbert Bourla, PDG de Pfizer, à Davos le 25 mai 2022.
Pfizer a déformé les résultats d'un essai clinique mené sur son vaccin Covid-19, selon la plainte déposée dans le comté de Lubbock, au Texas.

« Nous cherchons à obtenir justice pour les habitants du Texas, dont beaucoup ont été contraints par des obligations vaccinales tyranniques à prendre un produit défectueux vendu sur la base de déclarations mensongères », a déclaré M. Paxton, un Républicain, dans un communiqué. « Les faits sont clairs. Pfizer n'a pas dit la vérité sur ses vaccins Covid-19. »

Les responsables de Pfizer n'ont pas répondu à la demande de commentaire de Epoch Times dans les délais de publication.

Pfizer et son partenaire BioNTech ont présenté leur vaccin comme étant efficace à 95% contre le Covid-19 selon les déclarations de l'entreprise, s'appuyant sur les résultats d'un essai clinique.

L'essai clinique était destiné à déterminer le nombre de participants ayant contracté le Covid-19 avec des symptômes après avoir été vaccinés, et non pas à étudier le Covid-19 dans son ensemble.
L'estimation de l'efficacité était une réduction du risque relatif pour les personnes vaccinées par rapport aux personnes non vaccinées.
Parmi les participants vaccinés qui ne présentaient aucune infection préalable, 0,04% ont été testés positifs au Covid-19. Parmi les participants non vaccinés sans infection préalable, 0,9% ont présenté un cas de Covid-19. Cela signifie qu'il y a eu une réduction du risque relatif de 95%.

La réduction absolue du risque, une autre façon de mesurer, est déterminée en soustrayant le risque post-traitement de 0,04% du taux de risque de base de 0,9%, ce qui permet d'obtenir une estimation différente de l'efficacité.

Selon la nouvelle plainte, Pfizer a déformé l'efficacité de son vaccin en faisant la promotion d'un chiffre relatif à la réduction du risque et en s'appuyant sur seulement deux mois de données d'essais cliniques.

« Sur les 17.000 personnes ayant reçu un placebo, seules 162 ont contracté le Covid-19 au cours de cette période de deux mois. Sur la base de ces chiffres, le statut vaccinal a eu un impact négligeable sur le fait qu'un participant à l'essai clinique ait contracté le Covid-19 », peut-on lire dans le document.
« Le risque de contracter le Covid-19 était si faible, pendant cette courte période, que le vaccin de Pfizer n'a que très peu amélioré le risque d'infection d'une personne. De plus, la réduction absolue du risque d'une personne vaccinée - qui est la mesure de l'efficacité privilégiée par la Food & Drug Administration (FDA) - a montré que le vaccin n'était efficace qu'à hauteur de 0,85%. »
La FDA a déclaré dans des documents d'orientation que les estimations des risques relatifs font que la réduction « semble importante » et que « les traitements sont accueillis plus favorablement que lorsque les mêmes informations sont présentées sous forme de risque absolu ».

L'agence affirme que les fabricants de médicaments devraient communiquer les risques absolus en plus des risques relatifs.

Pfizer a également induit les gens en erreur en excluant les cas de Covid-19 chez les personnes vaccinées si celles-ci étaient infectées moins de sept jours après la deuxième dose, selon M. Paxton.

Pfizer était également conscient du manque de preuves que son vaccin protégeait contre la transmission, mais a fait des déclarations répétées et a diffusé des publicités vantant le vaccin comme un moyen de protéger les gens et leurs proches, selon la plainte. La FDA, par exemple, a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour affirmer que le vaccin protégeait contre la transmission.

« Des analyses supplémentaires (...) seront nécessaires pour évaluer l'effet du vaccin sur la prévention de la propagation et de la transmission du virus », a déclaré la FDA dans un document.

Dans beaucoup de ses déclarations, Pfizer n'a pas expliqué la différence entre la réduction du risque absolu et la réduction du risque relatif.

Albert Bourla, PDG de Pfizer, a également fait des déclarations trompeuses, selon la plainte, en affirmant par exemple, après la publication des résultats des essais cliniques, que le vaccin « contribuerait à mettre fin » à la pandémie. En février 2021, il a également affirmé que la protection offerte par les vaccins restait « solide » après six mois, alors que les données de l'essai clinique n'avaient pas encore été collectées après six mois.
« Les déclarations trompeuses de Pfizer ont créé la fausse impression que 95% des personnes vaccinées seraient protégées contre le Covid-19, sans exception », peut-on lire dans l'action en justice.
Plus tard, en 2021, les données du fabricant de médicaments, d'Israël et d'autres pays ont montré que la protection vaccinale commençait à s'estomper au bout de quelques mois, ce qui a conduit à l'autorisation et à la promotion de rappels et, en fin de compte, à de nouvelles formulations.

« La FDA ne commente pas les litiges possibles, en suspens ou en cours », a déclaré un porte-parole de la FDA à Epoch Times dans un courrier électronique.

L'action en justice fait suite à une enquête annoncée par M. Paxton au mois de mai, visant à déterminer si les fabricants du vaccin Covid-19, Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson, ont induit la population en erreur au sujet de leurs produits, notamment en manipulant les données d'essais cliniques.
« Cette pandémie fut une période très difficile », avait-il déclaré à l'époque. « Si une entreprise a profité illégalement des consommateurs pendant cette période ou a compromis leur sécurité pour augmenter ses profits, elle sera tenue pour responsable. »
La plainte accuse également Pfizer de s'être efforcé de censurer les personnes qui remettaient en question son discours sur le vaccin, notamment le journaliste Alex Berenson, qui a souligné à plusieurs reprises des faits sur la diminution de l'efficacité du vaccin. La plainte cite notamment le Dr Scott Gottlieb, membre du conseil d'administration de Pfizer et ancien commissaire de la FDA, qui a exhorté Twitter à prendre des mesures à l'encontre de M. Berenson.

M. Berenson a été banni de Twitter, mais réintégré après avoir intenté un procès à la société. Il a depuis poursuivi le Dr Gottlieb et d'autres pour des violations présumées de la loi fédérale.

M. Paxton demande au tribunal d'interdire à Pfizer d'enfreindre la loi texane sur les pratiques commerciales trompeuses, de condamner l'entreprise à payer plus de 10 millions de dollars pour violation de la loi et de décréter que les amendes et pénalités infligées à Pfizer ne seront pas libératoires en cas de faillite.