meyssan parle
Alors que le gouvernement israélien déploie pas à pas son projet de « transfert » massif des Gazaouites vers d'autres pays, à coups de bombardements brutaux des populations civiles, plusieurs questions se posent de façon de plus en plus documentée par la presse israélienne elle-même : depuis quand Netanyahu était-il informé d'un projet fomenté par le Hamas d'attaque massive contre Israël ?

Depuis quand s'y préparait-il ? A-t-il estimé que cette opération fournirait un prétexte pour organiser une opération de nettoyage ethnique à Gaza qui lui permettrait de sortir grandi de l'impasse politique dans laquelle sa réforme de la justice l'avait enfermé ? Thierry Meyssan donne son analyse de la question.


Edouard Husson a largement évoqué les sources israéliennes qui confirment toutes ce que nous avions écrit très vite après l'attaque d'Israël par le Hamas le 7 octobre : les projets palestiniens étaient connus des services israéliens, depuis une date encore indéterminée. Mais depuis quand au juste ?

La question n'est pas anodine : les pages des livres d'Histoire qui restent à écrire ne portent pas sur les atrocités commises par les uns et par les autres, mais sur les calculs politiques qui les ont environnés.

Quelles étaient les véritables intentions du Hamas ? Obtenir une négociation sur la création d'un Etat israélien ? Déstabiliser Netanyahu ? Effacer la contestation organisée par le Fatah au printemps en Cisjordanie ? Empêcher la reconnaissance d'Israël par l'Arabie Saoudite ?

Selon toute vraisemblance, Netanyahu a largement laissé faire. Peut-être a-t-il même encouragé l'opération du Hamas. Dans quel but ? Voulait-il se donner une occasion de "punir" les Palestiniens pour sortir de sa crise intérieure ? A-t-il été dépassé par l'ampleur de l'opération menée par le Hamas ?

Toutes ces questions sont aujourd'hui sans réponse, mais nous pouvons commencer à rassembler les éléments d'actualité épars pour mieux comprendre les événements. C'est à cet exercice que Thierry Meyssan s'emploie avec nous aujourd'hui.