TF1mar., 04 oct. 2011 11:54 UTC
Le chef de l'antenne grenobloise de la PJ, Christophe Gavat, a été mis en examen mardi pour "détournement de scellés" et "vol" dans l'enquête sur une affaire de corruption présumée qui ébranle le monde policier. Il a été laissé libre.
C'est le second haut responsable de la police, après Michel Neyret, a être mis en examen dans une affaire de corruption présumée à grande échelle. Christophe Gavat, chef de l'antenne grenobloise de la PJ, a été mis en examen et laissé libre mardi pour "détournement de scellés" et "vol". Les enquêteurs cherchent à savoir si Christophe Gavat a récupéré de la résine de cannabis pour rémunérer un informateur, sur ordre de Michel Neyret, numéro deux de la PJ de Lyon. Son avocat, Me Emmanuel Daoud, a indiqué que son client contestait cette hypothèse.
Au lendemain de sa mise en examen et après une première nuit passée en prison, Michel Neyret, va être "suspendu dès aujourd'hui" par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Michel Neyret "est mis en examen et nous en tirons les conséquences", a déclaré le ministre mardi sur France 2, qui n'a pas exclu des mesures similaires à l'encontre des autres policiers toujours en garde à vue : "Tout dépend des décisions judiciaires", a-t-il dit. Michel Neyret a été mis en examen lundi notamment pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs, trafic de stupéfiants, détournement de biens et violation de secret professionnel et placé en détention provisoire à la prison de la Santé, à Paris.
Pour Claude Guéant, cette mise en examen "est une affaire rarissime à ce niveau de responsabilité et de grade. C'est un véritable traumatisme pour la police nationale". "Michel Neyret était considéré comme un très grand flic, très efficace. La police nationale souffre, mais cela étant, elle est extrêmement exigeante en matière de déontologie, et toutes les fautes sont sanctionnées avec rigueur parce qu'elle a une mission, c'est de faire appliquer la loi", a-t-il déclaré. "Les policiers par leur métier fréquentent les truands, ils les observent avant de les arrêter, ils peuvent avoir des contacts. Mais il y a une ligne jaune qu'il ne faut jamais franchir, c'est celle de la compromission et il ne faut jamais faire quoi que ce soit d'illégal", a-t-il rappelé.
Trois autres policiers devant un juge
Claude Guéant a souligné que "le législateur a introduit dans notre arsenal juridique un certains nombre de dispositions qui permettent de faire des choses qui ne sont pas tout à fait normales, mais toujours sous le contrôle d'un magistrat. Les règles qui existent suffisent, cela étant, cette triste affaire est l'occasion d'un rappel à l'ensemble des services de la rigueur de la déontologie policière", a ajouté Claude Guéant.
Deux autres policiers, en garde à vue, devaient être présentés mardi aux juges. Il s'agit du patron de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Lyon et de l'adjoint de Christophe Gavat. Tous trois étaient entendus depuis vendredi par l'Inspection générale des Services (IGS). D'autre part, Michel Zaragoza, un proche du milieu lyonnais et relation du N.2 de la police judiciaire de la ville, a été mis en examen. Cet ancien braqueur reconverti dans le négoce automobile, est poursuivi pour "trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs". Mais selon sa défense, Me Paul-Richard Zelmati, il conteste ces faits car selon lui "les éléments constitutifs ne sont pas réunis en l'état". Arrêté jeudi dernier et placé en garde à vue, M. Zaragoza avait dû être hospitalisé en raison de problèmes cardiaques et c'est dans l'unité hospitalière spécialisée à l'Hôtel-Dieu de Paris que sa mise en examen lui a été signifiée.
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