LONDRES - Les militants anticapitalistes qui campent depuis deux semaines sur le parvis de la cathédrale Saint-Paul, en plein coeur de la City à Londres, vont être sommés par la municipalité de démonter leurs tentes dans 48 heures, sous peine de poursuites judiciaires.

Nous avons l'intention de leur faire parvenir une lettre leur demandant d'enlever leurs tentes, a indiqué mardi une porte-parole de la ville, refusant toutefois de préciser quand cette injonction allait être délivrée.

Nous n'avons rien contre leur mouvement, le problème c'est juste avec les tentes, a-t-elle ajouté.

Un porte-parole du mouvement Occupy LSE (Occupons le London Stock Exchange, la Bourse de Londres), a déclaré pour sa part que les campeurs n'avaient pas encore reçu cette notification.

Nous gardons notre calme, a expliqué Iain Chamberlain, 27 ans, à l'AFP. Nous n'avons pas d'informations précises sur le moment où cette évacuation pourrait avoir lieu. Nous n'avons encore reçu aucune injonction, mais nous avons des avocats pour nous conseiller.

Les responsables de St-Paul ont choisi de ne pas se joindre à la procédure de la municipalité, préférant trouver une solution pacifique.

D'abord bien accueilli par la hiérarchie de la cathédrale, le campement s'est étendu au fil des jours, passant de 70 à 200 tentes. Ce qui a contraint St-Paul à fermer ses portes aux visiteurs le 21 octobre pour quelques jours pour des raisons de sécurité et d'hygiène, une première depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les responsables de la cathédrale ont alors demandé aux militants de partir. Mais ceux-ci semblent déterminés à rester sur le site, situé dans un quartier symbolique de la finance mondiale.

Le moral ici est très bon. Nous allons nous battre, nous n'allons pas abandonner, a assuré Don Court, un étudiant de 22 ans.

Je suis prêt à rester tout l'hiver, je suis grand-père, je dois le faire pour mes petits-enfants. Je suis là pour représenter ma famille, a renchéri Said, qui préfère ne pas divulguer son nom de famille.

Dans la nuit de lundi à mardi, une cinquantaine d'entre eux ont défilé dans les rues de la City, déguisés en banquiers zombies pour célébrer Halloween. Ils ont dansé sur Thriller de Michael Jackson devant les locaux de plusieurs banques, dont la Banque d'Angleterre.

La ministre de l'Intérieur Theresa May a demandé aux responsables de la cathédrale, la municipalité et la police de travailler ensemble pour s'assurer que les manifestants partent le plus vite possible.

L'Eglise anglicane s'est divisée sur l'attitude à adopter à l'égard des campeurs qui gênent l'accès à la cathédrale, un des hauts lieux religieux et touristiques du pays et l'un des sites les plus visités de Londres. Le manque à gagner a été estimé à 16.000 livres (18.300 euros) par jour de fermeture, l'entrée pour les touristes étant payante.

Trois responsables de la cathédrale ont démissionné, dont Graeme Knowles, le doyen critiqué pour sa gestion de la crise et pour avoir demandé le départ des manifestants, a annoncé lundi sa démission.

Le campement est apparu le 15 octobre, à l'initiative de manifestants inspirés par Occupy Wall Street à New York.

La municipalité de Glasgow, en Ecosse, s'est également tournée vers la justice mardi pour obtenir l'expulsion d'un autre campement anticapitaliste installé depuis le 15 octobre sur une des places du centre-ville, après leur avoir adressé une mise en demeure restée sans effet.