Ils étaient des milliers samedi soir à Rome à fêter la démission de Silvio Berlusconi et un sentiment d'espoir dominait quant à l'avenir du pays.
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Les Romains se sont rassemblés en nombre samedi soir pour célébrer la démission de Berlusconi SIPA/Angelo Carconi/AP
Rome a fêté en grande pompe la démission de Silvio Berlusconi, samedi soir : champagne a coulé à flot dans les rues de la capitale italienne, où des milliers de Romains s'étaient donné rendez-vous. Dès la fin de l'après-midi, une foule s'est rassemblée dans le centre de la ville pour célébrer le départ annoncé du président du Conseil.

"La fin de l'ère Berlusconi"

Et ils étaient nombreux a partagé leur joie. « Nous attendons la fin de l'ère Berlusconi, nous espérons que ce sera la fin », a expliqué une habitante de la capitale, Angela Lanza. Aux cris de « Va t'en » ou « Démission », plusieurs centaines d'opposants ont commencé à se regrouper vers 16 heures devant le palais Chigi, siège du gouvernement, et sur la via del Corso, qui mène au palais présidentiel du Quirinal et qui a été fermée à la circulation. Parmi la foule, des militants du "Peuple violet", un mouvement anti-Berlusconi né sur Internet, étaient venus dire « Bye Bye Silvio ». Des messages circulant sur Facebook ont appelé les Italiens à fêter dans la rue la démission du Cavaliere ou à suspendre des bannières tricolores aux balcons.

Une arrivée sous les insultes

Des huées et des cris de « Bouffon, Bouffon » ont accueilli le président du Conseil à son arrivée dans la soirée devant le Quirinal, où il allait remettre sa démission. Un orchestre s'est installé près du palais présidentiel pour jouer l'Alleluia du Messie d'Haendel. La foule est devenue si compacte que Berlusconi a été contraint de quitter le Quirinal par une porte dérobée pour rejoindre sa résidence privée. Des cris de joie ont retenti quand la démission du "Cavaliere" a été officiellement confirmée par un communiqué de la présidence et des manifestants ont chanté, dansé et ouvert des bouteilles de champagne.

Les images de ce rassemblement sont impressionnantes :


Quelques tentatives de soutien vaines

Quelques uns ont tout de même tenté de montrer leur soutien à Silvio Berlusconi, mais leur nombre n'a pas été suffisant pour survivre au milieu des opposants. Un petit groupe de partisans du magnat des médias s'est bien rassemblé devant la résidence de Berlusconi, mais il a été rapidement débordé par les anti-Berlusconi. Des militants du groupe d'extrême droite Forza Nuova se sont également joints brièvement à la foule pour dénoncer la nomination annoncée de l'ancien commissaire européen à la Concurrence Mario Monti à la tête du prochain gouvernement. Ils ont été écartés par la police après quelques brèves échauffourées avec d'autres manifestants.

L'Italie prend un nouveau départ

Les Italiens tournent la page Berlusconi avec un sentiment d'« Italie année zéro » comme après la guerre, ainsi que l'exprime Dario Franceschini, député du Parti démocrate, la principale formation d'opposition : « Aujourd'hui, le rideau tombe sur une page longue et douloureuse de notre histoire. L'Italie est un pays qui a envie de tourner la page et de recommencer à zéro. Demain, nous entrons dans une nouvelle ère : nous devons reconstruire sur les cendres : l'économie, la justice, la loi électorale... »