Deux mois après son lancement, le mouvement des anti-Wall Street américains peine à trouver un second souffle.

Fermer la bourse de Wall Street. C'est ce qu'envisage de provoquer les militants du mouvement "Occupy Wall Street" ce jeudi afin de célébrer leur deuxième mois de protestation. Une façon pour le mouvement anti-Wall Street de chercher un second souffle.

Cette déclaration des Indignés fait suite à leur évacuation de plusieurs sites. Lundi, des centaines de policiers ont démantelé le campement d'Occupy Oakland (Californie) et procédé à des arrestations. Dans la foulée, le campement de New York, à l'origine du mouvement national de protestation, a aussi été évacué mardi à 2 heures du matin (7 heures GMT), comme on peut voir dans la vidéo ci-dessous de la chaîne Euronews.


A Oakland. "La zone de campement a été dégagée", a rapporté un responsable de la police d'Oakland, quelques heures seulement après que des centaines de policiers anti-émeute eurent pris position en plein centre de cette ville portuaire pour en déloger les manifestants.

Certains protestataires, réunis pour prier, ont été interpellés, tout comme ceux qui avaient décidé de désobéir aux injonctions de la police en restant sous leurs tentes. Et, même si l'opération policière de lundi s'est déroulée dans le calme, certains manifestants ont fustigé la "violence" dont font usage, selon eux, les autorités à leur encontre.

Pourquoi démanteler les camps aujourd'hui? Les autorités et certains habitants se sont plaints des "dangers de sécurité et sanitaires" si le mouvement devait se poursuivre dans ces "lieux publics", affirme le Washington Post. La question de l'usage de drogue aurait également incité les autorités à intervenir.

Quel avenir pour les manifestants? Occupy Oackland appelle à de nouveaux rassemblements ce mardi, pour soutenir les protestataires arrêtés lors du démantèlement. Lundi soir, 33 personnes ont été arrêtées sur les lieux occupés par le mouvement, selon le New York Times.

Les militants ont notamment appelé à un rassemblement ce mardi à l'Université de Berkeley en Californie. Ils espèrent pouvoir ré-occuper ce campus, dont le mouvement était nommé Occupy Cal camp. Selon le Washington Post, les protestataires devraient être rejoints dans l'après-midi par les militants de Occupy Oakland qui ont été évacués ce lundi.

Enfin, la mairie de la ville a vu un deuxième collaborateur démissionner pour dénoncer la mauvaise gestion de ce dossier.

A New York. La plupart des manifestants anti-Wall Street du square Zucotti avaient quitté les lieux, et il n'en restait plus qu'un petit groupe dans le centre du parc, encerclé par les policiers. Casqués mais sans équipement anti-émeutes, les forces de l'ordre faisaient monter les manifestants dans des camions, tandis que d'autres commençaient à démanteler les tentes et les panneaux installés par les militants. Objectif selon un communiqué du maire Bloomberg: "limiter les risques de confrontation" et de "nuisance" pour le voisinage direct du parc.

Sur Twitter, le fil Occupy Wall Street égraine des informations sur façon dont l'évacuation a eu lieu. Et évoque des "bulldozers", l'usage de "gaz lacrymogènes" par les autorités, la presse qui aurait été écartée du campement, ou encore des policiers de NYPD "qui détruisent les affaires personnelles des manifestants, arrêtant ceux qui essaient de partir en les récupérant". Certains occupants refusaient de quitter le parc, mais la plupart d'entre eux ont accepté de partir sans heurts. Le New York Times a compté 70 arrestations.

Et demain? Les autorités ont laissé entendre que les manifestants pourraient "revenir quelques heures après, mais sans sacs de couchage, sans bâches et sans tentes", précise le Washington Post.

Où en est le mouvement anti-Wall Street?

Le mouvement anti-Wall Street, lancé le 17 septembre à New York, fête jeudi ses deux mois d'existence, mais il doit faire face à l'hostilité grandissante des autorités. Sur la carte des villes américaines où les anti-Wall Street ont installé des campements, New York faisait office de point névralgique et Oakland faisait partie des points les plus chauds. D'autres lieux restent importants dans ce mouvement comme à Los Angeles, Philadelphie ou Baltimore.
Depuis le début du mouvement, plusieurs décès suspects et des épisodes violents ont été constatés. Au début du mois, plus de 80 personnes avaient été interpellées et huit blessées à la suite d'une manifestation qui avait tourné à l'affrontement entre protestataires et forces de l'ordre à Oakland. Puis, jeudi dernier, un homme a été abattu à proximité immédiate du campement.

Plus au nord, à Portland, dans l'Oregon, la police avait délogé dimanche une cinquantaine de manifestants qui campaient dans deux parcs de la ville.