D'anciens révolutionnaires libyens détiennent toujours environ 7000 personnes et certains d'entre eux auraient été soumis à de la torture et à de mauvais traitements, selon un rapport de l'ONU qui a circulé lundi.

Le rapport du secrétaire général Ban Ki-moon, rendu public avant une rencontre du Conseil de sécurité sur la Libye, lundi après-midi, note que plusieurs des détenus ne bénéficient pas de l'application régulière de la loi en l'absence d'autorités policières et judiciaires adéquates.

Le rapport souligne aussi que des citoyens de l'Afrique subsaharienne, dont certains auraient été soupçonnés ou accusés d'être des mercenaires embauchés par le régime de Mouammar Kadhafi, composeraient une importante partie des détenus.

Bien que le Conseil national de transition ait posé certains gestes afin de transférer la responsabilité des détenus des brigades aux autorités nationales compétentes, il reste encore beaucoup à faire pour régulariser les mesures de détention, prévenir les abus et libérer les prisonniers dont la détention ne devrait pas être prolongée, note le rapport.

Dans ce rapport, M. Ban dit croire que les leaders de la nouvelle Libye tiennent à bâtir une société basée sur le respect des droits de la personne. Aussi, il rappelle que la réalisation de cet objectif passe par des actions devant être entreprises le plus rapidement possible, peu importe le contexte, pour mettre fin aux détentions arbitraires et prévenir les cas d'abus et de discriminations contre des représentants de pays tiers et contre tout groupe de citoyens de la Libye.

Ahmed Bani, porte-parole de la nouvelle armée de la Libye, a déclaré lundi ne pas être au courant de présumés mauvais traitements.

« Je ne sais pas si c'est arrivé. Peut-être, mais si ça s'est produit, ne nous blâmez pas. Nous avons souffert pendant 42 ans. Il nous blessait, il nous tuait et il a violé nos femmes », a-t-il lancé.