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Belgique - Le vol d'un très ancien encadrement récemment à la collégiale Saint-Barthélemy de Liège a remis en lumière un phénomène inquiétant : la disparition d'œuvres d'arts dans les lieux de culte. Ici, le délit a été signalé très rapidement mais le ou les auteurs n'ont toujours pas été identifiés. Il s'agit généralement de trafiquants spécialisés mais parfois aussi, de membres de l'Église.

En moyenne, tous les 10 jours, un vol est commis dans une église du pays. Dans la plupart des cas, il s'agit de bandes organisées. Mais à l'Institut Royal du Patrimoine artistique, Pierre-Yves Kairis évoque une autre filière, plus surprenante: "Nous avons aussi des cas où ce sont les curés eux-mêmes qui vendent, ce qui est tout à fait illégal. Quand il y a par exemple un beau calice qui ne sert plus et qui peut rapporter les 2000 euros nécessaires pour réparer la toiture, c'est évidemment tentant".

D'autant que l'inventaire annuel des œuvres d'arts, pourtant obligatoire, est rarement réalisé. La vente du patrimoine public par des hommes d'église est donc souvent constaté un peu par hasard, et bien des années plus tard. Pierre-Yves Kairis: "Je me souviens du cas d'un tableau qui a été vendu il y a une quarantaine d'années et qui a été retrouvé il y a quelques années chez un antiquaire liégeois. C'est un tableau qui venait d'une église de Verviers. Donc c'est parfois des années plus tard qu'on se rend compte que l'objet n'a pas été volé mais qu'il a été vendu par la Fabrique.".

De son côté, le Diocèse de Liège a confirmé, en évoquant un cas très récent : pour financer l'aménagement d'un local, un curé liégeois n'a pas hésité à céder des meubles et tableaux d'église à un brocanteur, qui les à ensuite placés en salle de vente. Une plainte a été déposée à la police. La plupart des objets ont pu être récupérés, in extremis.