Image
Les manifestants s'opposent à la tenue de la conférence de Dominique Strauss-Kahn, à Cambridge, au Royaume-Uni. © AFP/CARL COURT
Des échauffourées ont opposé vendredi soir à l'université de Cambridge, au Royaume-Uni, la police et des étudiants manifestant contre la tenue d'une conférence de l'ex-patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

« DSK, va t'en, honte à toi », ont scandé les protestataires, au nombre de 200, qui s'étaient réunis devant les locaux de l'association étudiante Cambridge Union, organisatrice de la conférence.

« Justice pour [Nafissatou] Diallo », criaient certains, en référence à la femme de chambre new-yorkaise qui accuse l'ex-patron du FMI d'agression sexuelle.

L'avocat de la jeune femme, Douglas Wigdor, avait lui-même fait le déplacement des États-Unis pour dénoncer la présence de Dominique Strauss-Kahn à Cambridge comme « un affront à toutes les victimes d'agression sexuelle ».

Des heurts ont eu lieu avec les policiers quand certains étudiants ont essayé d'escalader les barrières métalliques entourant les locaux dans lesquels avait lieu la conférence. Au moins deux personnes ont été interpellées, selon l'AFP.

Dominique Strauss-Kahn était arrivé en début de soirée dans les locaux de l'université par une porte latérale, escorté par des gardes de sécurité. À l'intérieur, plusieurs centaines d'étudiants, tirés au sort en raison de l'affluence, ont assisté à cette conférence à laquelle la presse n'était pas admise.

Selon un membre du public assistant à la conférence, Dominique Strauss-Kahn a été interrogé sur les accusations dont il fait l'objet à New York, ce à quoi il a répondu que les charges pénales avaient été abandonnées contre lui.

De son côté, la Cambridge Union Society avait justifié son invitation en affirmant que Dominique Strauss-Kahn était une « grande figure du FMI » qui avait « des connaissances exceptionnelles dans son domaine ».

Les poursuites pénales contre Dominique Strauss-Kahn, accusé d'agression sexuelle par Nafissatou Diallo, femme de chambre à l'hôtel Sofitel de New York, ont été abandonnées, alors que la procédure civile se poursuit.

L'ex-patron du FMI, 62 ans, contraint à la démission à cause de cette affaire, a par ailleurs été rattrapé en France par le dossier dit « du Carlton ».

Dans cette affaire, Dominique Strauss-Kahn doit être convoqué le 28 mars par la justice française pour être inculpé, notamment de complicité de proxénétisme, selon une source judiciaire. Il aurait pris part à des soirées libertines et l'enquête tente de déterminer s'il savait que les femmes qui y participaient étaient des prostituées.