Un militaire américain a ouvert le feu sur des civils dans la province de Kandahar. Seize personnes ont été tuées.

Un soldat américain a tué 16 personnes, dont neuf enfants et trois femmes, dimanche matin dans deux villages du sud de l'Afghanistan, a indiqué le président afghan Hamid Karzaï. Il a dénoncé "un assassinat" et exigé des explications des Etats-Unis sur ce drame qui risque d'aggraver la tension chronique entre la population et les troupes étrangères.

Le militaire américain a quitté sa base avant l'aube et a ouvert le feu sur des civils. Le soldat est ensuite rentré dans son bureau et a été interpellé, a indiqué un responsable occidental. Le tireur présumé est détenu sur une base de l'OTAN.

"Dans une maison, il y avait dix personnes, dont des femmes et des enfants, qui avaient été tuées et brûlées dans une pièce. Une autre femme gisait, morte, dans l'entrée de la maison", a constaté un journaliste de l'AFP. "Dans une autre maison", située dans un second village, "quatre personnes étaient mortes. Il y avait deux hommes âgés, un mineur et une femme", a poursuivi le journaliste, qui a vu une autre dépouille dans une troisième maison.

Les blessés, au nombre de cinq, ont été transportés dans des centres médicaux de l'Alliance atlantique. Le gouverneur de la province de Kandahar a dépêché une délégation sur place, dans le village d'Alkozai.
L'OTAN et les USA regrettent

Les forces américaines et afghanes enquêtent sur les circonstances de l'attaque. On ignore encore si le soldat connaissait les victimes. L'Isaf, la force armée de l'OTAN, a reconnu pour la première fois vers 16h locale, soit 13 heures après les faits, l'existence de "morts" civils afghans.

Barack Obama s'est dit dimanche "profondément attristé" par la mort de seize civils afghans tués par un militaire américain dans le sud de l'Afghanistan. "L'incident est tragique et consternant et n'est pas représentatif du caractère exceptionnel de notre armée et du respect que les Etats-Unis ont pour le peuple afghan", a indiqué le président américain dans un communiqué. Le chef du Pentagone Leon Panetta a lui assuré Kaboul que les responsables seraient traduits en justice.

Des manifestations de protestation ont été signalées après les tirs dans le district de Panjwai, où se trouve le village, et l'ambassade des Etats-Unis a appelé à "la prudence" dans la province de Kandahar.