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Indonésie - Les chemins de fer indonésiens ont décidé d'abaisser les lignes électriques installées au-dessus de leurs wagons, signale lundi 30 juillet une dépêche de l'Agence France-Presse. Le but de cette manœuvre surprenante : électrocuter tous les "surfeurs de trains", ces passagers qui se hissent sur les toits des rames pour se déplacer.

"Nous abaissons les câbles de 1 mètre, sur un trajet d'environ 1 kilomètre à l'approche d'une gare", a expliqué à l'AFP Ahmad Sujadi, responsable de la sécurité à la compagnie nationale. La mesure, déjà en œuvre dans une gare, "s'est révélée très efficace et bon marché", ajoute-t-il, annonçant l'équipement sous peu d'autres gares.

Une décision radicale qui suscite l'ire des organisations des droits de l'homme. "C'est irresponsable de piéger les gens d'une manière aussi dangereuse", juge le vice-président de la commission nationale des droits de l'homme, Nur Kholis. "Le transporteur devrait plutôt mettre en service un plus grand nombre de rames et améliorer les installations", a-t-il ajouté.

Dans la mégapole de Jakarta, qui rassemble plus de 20 millions d'habitants, le réseau des transports est en effet complètement saturé. Dans la plupart des cas, les "surfeurs de trains" ne recherchent pas tant un transport gratuit qu'une simple place leur permettant de se déplacer malgré les rames bondées.

PT Kereta Api - la SNCF indonésienne - tente depuis de nombreuses années de venir à bout de ces centaines de passagers clandestins. Depuis quelques années, des boulets de béton ont ainsi été installés au-dessus des wagons afin d'assommer les récalcitrants, ainsi que des aspergeurs de peinture rouge. De l'huile a été répandue sur le toit des voitures et des chiens de garde ont été lâchés. Des imams ont même été appelés à dissuader leurs fidèles dans leurs sermons du vendredi. Des mesures qui n'ont pas freiné la pratique, jusqu'à présent.