Un sanctuaire romain du IIe siècle après J.C. vient d'être découvert sur le chantier d'un supermarché à Pont-Sainte-Maxence (Oise). Son extraordinaire statuaire, d'un haut niveau artistique, n'a d'équivalent... qu'en Italie ou en Grèce. Le site archéologique, encore récemment un terrain de football, a longtemps été, semble-t-il, une zone de cultures. Inséré dans l'urbanisation du XXIe siècle, l'ensemble cultuel semble isolé dans sa localisation antique, au bord de la voie romaine Compiègne-Senlis. Il possédait apparemment deux petits pavillons à l'arrière et un sanctuaire (avec la statue du dieu honoré) au centre. Edifices dont il reste peu de choses.

© Denis Glicksman - InrapUn élément sculpté de la façade du sanctuaire romain de Pont-Sainte-Maxence (Oise)
En fait, c'est sa façade monumentale qui éveille l'intérêt : en l'occurrence un portique de 9,50 m de haut, un mètre de large et 70 m de long, absolument exceptionnel en Gaule romaine. Schématiquement, l'ensemble, édifié en calcaire local, est percé d'une série de 13 à 17 arcades, surmontée d'une frise dont le décor rappelle celui... des arcs de triomphe. Sont ainsi représentés des monstres marins, tels des méduses, des griffons (dont on distingue la chevelure et les oreilles). Mais aussi tous les grands dieux du Panthéon antique: Jupiter, Apollon, Diane, Vulcain... On retrouve parfois des traces de peinture sur les sculptures fort bien sauvegardées.

© Denis Glicksman - Inrap Sculpture de Vénus accroupie avec une tête de vieille femme.
La statue la mieux conservée est celle d'une Vénus accroupie à côté de la tête d'une vieille femme dont l'expression dramatique évoque certaines représentations du Moyen Age. Mais en fait, il s'agit de l'illustration d'un épisode légendaire rapporté par Homère : la vieille femme avait surpris la déesse réfugiée dans un bois et l'avait raconté aux autres dieux. La belle n'avait pas du tout apprécié et avait transformé la délatrice en... rocher.
«On a là le canon de l'Aphrodite accroupie depuis l'époque grecque. C'est le premier exemple de ce type que je connaisse en Gaule», explique Véronique Brunet-Gaston, responsable d'opération à l'
INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives).