La police turque a bloqué dimanche les accès au parc Gezi d'Istanbul, épicentre en juin d'un vaste mouvement de contestation antigouvernementale, pour empêcher la tenue d'une manifestation célébrant la journée mondiale de la paix. Plusieurs autres capitales ont cependant connu des mobilisations contre les frappes en Syrie. Certains rassemblements demandaient au contraire la "punition" du régime syrien. Des unités antiémeutes de la police ont repoussé avec leurs boucliers, mais sans faire usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau, environ un millier de manifestants, qui se sont repliés sur l'avenue Istiklal, à Istanbul, pour constituer une chaîne humaine, a constaté un photographe de l'AFP. "
Etats-Unis, assassins, hors de Syrie", ont scandé les manifestants, opposés au projet américain d'intervention militaire contre le régime syrien, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple.
La Turquie, frontalière de la Syrie, soutient pourtant l'idée de frappes dans ce pays. Des chaînes humaines se sont également constituées dans plusieurs autres quartiers de la ville à l'instigation des forums de discussion nés dans le sillage du mouvement social du parc Gezi, appelant tous les habitants d'Istanbul à "
se donner la main pour un monde libre et en paix".
Tard samedi, la police a dispersé à l'aide de grenades lacrymogènes et de canons à eau un groupe de manifestants contre la guerre à Ankara, a rapporté la chaîne d'information NTV.
Ils étaient cependant nombreux à Ankara, majoritairement des Kurdes, à défiler contre une potentielle action militaire des Etats-Unis, vendredi.
Comme à Antakya, une ville proche de la frontière syrienne où vit une importante communauté appartenant à la même confession alaouite que le président syrien Bachar al-Assad, ce dimanche.
Quelque 2000 personnes ont exprimé dimanche leur opposition à une intervention internationale contre le régime de Damas.
20 000 à 30 000 personnes ont également manifesté à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, à la population en majorité kurde.
Aux États-Unis, l'opposition s'exprime aussi. Samedi, plusieurs centaines de manifestants ont défilé contre une possible adhésion du Congrès américain au projet de frappes contre la Syrie. Ils étaient mobilisés devant la Maison Blanche, mais aussi dans plusieurs villes du pays, comme à Los Angeles.
Ailleurs, en Europe, des manifestants ont protesté contre le projet d'intervention américaine. C'était le cas à Londres, Paris et Berlin, notamment.
Plus d'un millier de manifestants opposés à des frappes en Syrie se sont rassemblés samedi à Londres à l'appel de l'organisation Stop the War, saluant le refus du Parlement britannique d'une action militaire contre Damas.
Manifestations contre le projet d'intervention américaine en Syrie
Des manifestations contre l'intervention américaine en Syrie ont lieu dans différentes capitales européennes (Londres, Paris, Berlin) et en Turquie.
"
Ne laissez jamais dire que les manifestations ne servent à rien, la nôtre a marché", a déclaré Lindsey German, une responsable de Stop The War, sous les vivats des manifestants réunis à Trafalgar Square, au cœur de la capitale britannique.
Dans le monde, plusieurs images montraient également des manifestants mobilisés en faveur d'éventuelles frappes. Au Japon, plusieurs centaines de membres de la communauté syrienne demandaient aux Etats-Unis de punir le régime syrien. Au Pakistan, ils étaient nombreux à critiquer le blocage de la Russie et de la Chine, au Conseil de sécurité de l'ONU, pendant une manifestation à Quetta, ce dimanche.
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