
Comme Metronews le relatait en mai dernier, un salarié du parc d'attraction Disneyland Paris, avait déjà fait condamner son employeur. Un retour de flamme avait brûlé le visage et l'œil de Gérard Ravenet, un cascadeur, lui provoquant une altération définitive du film lacrymal. Le parc d'attraction avait toujours nié sa responsabilité. Mais le tribunal de sécurité sociale des Yvelines avait fini par reconnaître le caractère professionnel de l'accident obligeant Euro Disney à débloquer une provision de 8 000 euros.
« Faute inexcusable » pour les « cancers du bitume »
En février 2007, le suicide d'un salarié de Renault a été reconnu comme étant dû à une « faute inexcusable » du constructeur automobile, dans une décision rendue par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Versailles. Renault avait même dû verser 50 000 euros à la veuve du salarié et 50 000 euros à son fils au titre des dommages et intérêts. Une décision qui commençait à faire jurisprudence puisque la justice a déjà reconnu cette faute dans les suicides des deux autres employés de Renault, pour le premier en 2011 et le second en mai 2012.
La famille de José-Francisco Serrano Andrade peut, elle, estimer qu'il n'est pas mort pour rien. Il était l'un de ces ouvriers de la chaussée, chargé d'épandre du bitume chaud d'où se dégagent des fumées. A 56 ans il décédera le 3 juillet 2008 d'un cancer de la peau qui avait été reconnu comme maladie professionnelle. En novembre 2012, la cour d'appel de Lyon a déclaré coupable d'une « faute inexcusable » son employeur, Eurovia, filiale du géant des travaux publics Vinci. « Une grande victoire », pour l'avocat de la famille et la crainte pour l'entreprise de voir de plus en plus de victimes du « cancer du bitume ».
La SNCF condamnée pour... ses retards
Dans ces affaires qui opposent petits employés et géants employeurs, l'entreprise Michelin n'est pas toujours passée à travers les mailles judiciaires. Une dizaine de salariés de l'usine de Golbey, dans les Vosges, avait saisi le tribunal des affaires de Sécurité sociale qui leur a donné raison en 2010. Des salariés malades de l'amiante qui étaient de plus en plus nombreux à attaquer le groupe.
Plus cocasse cette fois-ci. En 2012, la SNCF a été condamnée par le tribunal de grande instance de Paris à verser 1 500 euros à une jeune femme de 25 ans qui disait avoir perdu son emploi à Lyon en raison des retards répétés de son train. Dans ses combats qui opposent David à Goliath, les petits employés réussissent parfois à triompher.



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