e mauvais exemple de l'Allemagne et de la Suède qui interdisent l'instruction à la maison (sauf cas de force majeure) semble vouloir s'étendre à la France. Rappelons que l'Allemagne persécute les parents qui osent instruire leurs enfants à la maison et va jusqu'à enlever leurs enfants et mettre les parents en prison. La Suède n'est pas plus tendre.

En effet, un nouveau projet de loi a été déposé par des sénateurs français « visant à limiter la possibilité d'instruction obligatoire donnée par la famille à domicile aux seuls cas d'incapacité ».
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L'exposé des motifs de ce projet de loi est assez comique. On y affirme que « L'un des buts de la scolarisation de l'enfant est sa socialisation. Celle-ci nécessite une éducation qui ait une dimension collective, qui lui permette de découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge et de rendre son développement plus harmonieux. Dans cet esprit, l'éducation à domicile par la famille ne peut être qu'une situation exceptionnelle, liée à l'état de santé ou à l'incapacité permanente ou temporaire de l'enfant. »

La faute de logique est assez évidente : si la scolarisation socialise en effet, rien ne prouve que ce soit la seule forme de socialisation ni que ce soit la meilleure. Les enfants de nos ancêtres étaient-ils mal socialisés ?

Selon le professeur Robert Epstein, ex-rédacteur en chef de Psychology Today, la socialisation est le processus grâce auquel on apprend à s'intégrer à une communauté. La question qui se pose alors est de savoir à quelle communauté nous voulons que nos enfants s'intègrent. Beaucoup de parents se disent que l'école est cruciale pour assurer la socialisation de leurs enfants. Selon Epstein la réponse est un retentissant non, car les adolescents ne devraient pas être « parqués » avec leurs congénères en permanence. En tant que parents et société, nous voulons qu'ils s'intègrent à la communauté à laquelle ils appartiendront toute leur vie. Ils doivent apprendre à devenir adultes. À l'heure actuelle, ils apprennent pour ainsi dire tout ce qu'ils savent de leurs amis et des médias qui leur sont destinés. Cette situation est absurde, selon l'ancien rédacteur en chef de Psychology Today, plus particulièrement parce que les adolescents dans notre société sont fortement influencés par des médias frivoles et l'industrie de la mode.

Ajoutons à ces risques de mimétisme entre adolescents dans les écoles en dur (plutôt que la fréquentation d'un ensemble de personnes d'âges différents), le risque réel de formatage des valeurs des enfants ainsi captifs de l'école contrôlée par l'État. D'ailleurs, cette volonté de contrôle des enfants est apparente, en creux, dans les motifs des sénateurs français : il faut lutter contre l'instruction à domicile, car elle peut être destinée « à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux ». L'enfant est-il moins vulnérable à l'école gouvernementale ? Moins soumis à des conditionnements idéologiques ? Si les législateurs veulent empêcher un conditionnement idéologique particulier, c'est qu'ils le trouvent mauvais et qu'ils veulent y substituer leur conditionnement idéologique, car aucune éducation n'est possible sans transmission de valeurs. Dans les motifs mêmes, on voit poindre le multiculturalisme par exemple (« découvrir la diversité des conditions et des cultures des enfants de son âge ») comme valeur de la socialisation (plutôt que la vertu, le courage, la droiture, la politesse, la franchise, la gentillesse, le respect, etc.)

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