Le premier ministre ukrainien Nikolaï Azarov a présenté sa démission pour contribuer au règlement politique de la crise qui secoue le pays ces dernières semaines, lit-on mardi sur le site internet du gouvernement."Pour créer des possibilités supplémentaires à un compromis politico-social et au nom du règlement politique du conflit, j'ai pris la décision personnelle de demander au président ukrainien d'accepter ma démission du poste de premier ministre", dit la déclaration de M.Azarov.
Le parlement abolit les lois contestéesPour sa part, la Rada suprême (parlement monocaméral ukrainien) a aboli mardi les lois sur les manifestations adoptées le 16 janvier dernier, rapporte le correspondant de RIA Novosti à Kiev.
L'abrogation des lois controversées a été approuvée par 361 députés. L'annonce des résultats du vote a été accueillie par des applaudissements.
L'adoption des lois renforçant les peines pour irrégularités commises lors de manifestations de masse a provoqué un rebond des activités protestataires en Ukraine, qui connaît une crise politique depuis fin novembre 2013, ainsi qu'une radicalisation du mouvement.
L'opposition a exigé que le gouvernement annule les lois en question, après quoi les protestataires ont érigé des barricades dans le centre de Kiev et attaqué les policiers à coups de pierres, de fumigènes et de cocktails Molotov.
La contestation s'est par la suite propagée à d'autres régions du pays, les manifestants ayant occupé les sièges de plusieurs administrations locales.
Un coup d'Etat forcé, selon les pro-pouvoirEntre-temps, un meeting de soutien aux autorités ukrainiennes a réuni des milliers de personnes au centre de Simferopol, en Crimée.
Les partisans du pouvoir, dont le nombre est estimé entre 3.000 et 5.000 personnes, se sont rassemblés devant le siège du Conseil des ministres de Crimée (gouvernement) pour protester contre la déstabilisation de la situation dans le pays et contre l'opposition radicale.
Sur les pancartes brandies peut-on lire: "Stop Maïdan", "Sang versé sur Maïdan - la faute des extrémistes", "Non à l'ingérence étrangère", "Non au coup d'Etat". "Non au fascisme!", "La Crimée est pour la stabilité", scande la foule.
"L'Ukraine voit s'appliquer un scénario de coup d'Etat forcé. Des scénarios similaires ont été mis en place au cours de ces dernières années en Libye, en Syrie, en Tunisie et en Egypte", dit la résolution adoptée par les participants au meeting.
Les manifestants ont en outre appelé les habitants de cette république autonome à défendre la paix civile et la concorde en Crimée et proposé de former à cette fin des milices populaires.
Depuis fin novembre 2013, l'Ukraine est le théâtre de manifestations violentes lancées par l'opposition en réponse à la décision du gouvernement de suspendre la préparation d'un accord d'association avec l'UE. Ce mouvement de protestation a connu un nouveau rebond le 19 janvier, suite à l'adoption de lois anti-émeutes jugées "liberticides" par les opposants au pouvoir en place.
Des affrontements opposant les protestataires à la police ont eu lieu à travers le pays. A Kiev et dans plusieurs autres agglomérations, les manifestants ont occupé des sièges administratifs.
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