Le tribunal de grande instance de Paris a demandé à Dieudonné de supprimer deux passages de sa vidéo "L'année de la quenelle", qui reprenait certains des textes du spectacle Le Mur censuré sur décision du Conseil d'Etat.


Mercredi, le tribunal de grande instance de Paris a condamné Dieudonné pour sa vidéo de voeux de bonne année, dans laquelle il annonçait vouloir faire de 2014 "l'année de la quenelle". Selon l'AFP, l'humoriste n'a pas été condamné à retirer la vidéo dans son intégralité, mais uniquement à en supprimer deux séquences litigieuses, sur les quatre dénoncées dans la plainte déposée par l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF).

L'agence de presse ne précise pas quelles sont les deux séquences de la vidéo que l'humoriste devra supprimer. Elles auraient été jugées constitutives de "contestation de crimes contre l'humanité, diffamation raciale, provocation à la haine raciale et injure publique".

Dans la vidéo, qui reprenait sans le dire certains passages du spectacle Le Mur, Dieudonné expliquait ne pas vouloir choisir entre les Juifs et les Nazis. "Je suis neutre dans cette affaire, je n'étais pas né. Qui a provoqué qui, qui a volé qui... (je ne sais pas)... j'ai ma petite idée", affirmait-il. C'est notamment pour cette phrase que le Conseil d'Etat avait jugé que le spectacle portait un risque d'atteinte à la dignité humaine. Depuis, la phrase a été retirée du spectacle Asu Zoa, qui reprend la quasi totalité du Mur.

Dieudonné proposait par ailleurs à l'avocat Arno Klarsfeld de lui présenter Robert Faurisson, un historien condamné à de multiples reprises pour avoir développé des thèses niant l'utilisation de chambres à gaz dans le génocide juif.

Se refusant à supprimer la vidéo sans que les contenus litigieux soient déclarés illicites par la justice, YouTube s'est contenté jusqu'à présent d'afficher un message d'avertissement à ses utilisateurs : "Le contenu suivant a été identifié par la communauté YouTube comme potentiellement offensant ou choquant. Il vous appartient de choisir de le visionner ou pas".

A l'heure où nous publions ces lignes, la vidéo de 15 mn et 28 secondes est toujours disponible en intégralité. Elle est aussi visible sur d'autres sites de vidéos, dont Dailymotion, où elle a été uploadée par des internautes redoutant une censure. Mais l'UEJF pourra se baser sur la décision judiciaire de ce 12 février 2014 pour obtenir qu'elles soient supprimées, là où la loi française trouve application.